Nucléaire: Valls déclare sa flamme, Royal dit maintenir son engagement

ENERGIE La ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, a présenté ce jeudi son programme de rentrée…

Romain Lescurieux

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La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal (g), le Premier ministre Manuel Valls (c) et la ministre du Logement Sylvia Pinel (d) à l'Hôtel Matignon, le 29 août 2014 à Paris
La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal (g), le Premier ministre Manuel Valls (c) et la ministre du Logement Sylvia Pinel (d) à l'Hôtel Matignon, le 29 août 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

Après l’été et un remaniement, elle était attendue. Ségolène Royal a présenté ce jeudi après-midi les «actions pour la croissance verte». Création du crédit d’impôt pour la transition énergétique, plans d’investissements dans les compteurs intelligents, elle a tenu à dévoiler de récentes «avancées concrètes», tout en s’attardant sur les actions futures.

Où en est la loi sur la transition énergétique?

Le projet de loi sur la transition énergétique sera examiné par la commission spéciale de l’Assemblée nationale, puis par l’ensemble des députés à partir du 1er octobre «en procédure accélérée», a rappelé Ségolène Royal. Cette loi qui a pour objectif principal d’alléger la facture de la France en matière d’énergie, doit aussi apporter une solution à la question du réchauffement climatique.

>> Que va changer la loi? Lire l’article

Ségolène Royal a prévu de débloquer 10 milliards d’euros d’ici à 2017 pour tenir ce pari énergétique doublé d’un engagement de campagne de François Hollande [Réduire la part du nucléaire en France].

Manuel Valls déclare sa flamme à l’atome

Cette loi prévoit en effet de diminuer de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la consommation d’électricité nationale d’ici à 2025 et atteindre 32 % de production d’énergies renouvelables en 2030. Un combat remis en cause par de récentes déclarations?

«La filière nucléaire est plus que jamais une filière d’avenir pour notre pays», s’est exclamé le Premier ministre, Manuel Valls, à l’université d’été du Medef, le 27 août. Il avait déjà déclaré sa flamme à l’atome quelques mois plus tôt, en visite dans une forge d’Areva au Creusot, en Saône-et-Loire.

Questionnée par 20 Minutes, Ségolène Royal a déclaré lors de cette conférence de presse ne pas vouloir commenter «les déclarations de ses collègues» sur ce sujet, mais a tenu à rappeler que l’objectif et l’engagement vis-à-vis du nucléaire ne changeaient pas. «Rien n’est remis en cause. Le nucléaire fait partie du mix énergétique, c’est une filière d’innovation. La question sera débattue dans le calme au Parlement», a-t-elle affirmé. Pourtant, pour certains, si l’adoption ne fait aucun doute, son application l’est beaucoup moins.

«La loi sera votée mais pas respectée»

«Le nucléaire n’est pas une énergie d’avenir», explique Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement et présidente du Rassemblement citoyen. De plus, «elle est en très forte régression de puis 2008. L’avenir c’est le solaire, l’éolien, le maritime», poursuit-elle. Pour l’ancienne ministre -auteur de l’ouvrage L’Etat nucléaire, à paraître dans quelques jours- cette loi de transition énergétique avec son volet nucléaire sera «votée mais pas respectée».

«Cette loi est bien mais l’Etat n’a pas les outils pour le faire et imposer ses choix à EDF, qui va de toute façon continuer à exploiter ses centrales», dit-elle avant de conclure «la France continuera donc à prendre des risques et à dépenser beaucoup d’argent pour cette énergie».