VIDEO. Rosetta: Portrait robot d'une sonde spatiale chasseuse de comète

ESPACE La sonde spatiale rejoint ce mercredi la comète Tchourioumov-Guérassimenko...

20 Minutes avec AFP

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- Image de synthèse représentant la sonde de la mission Rosetta. Cette mission de l'Agence spatiale européenne (ESA) consiste à analyser la comète Chyryumov Gerasimenko grâce à son module d'atterrissage.
- Image de synthèse représentant la sonde de la mission Rosetta. Cette mission de l'Agence spatiale européenne (ESA) consiste à analyser la comète Chyryumov Gerasimenko grâce à son module d'atterrissage. — AFP PHOTO / CNES/ESA

Qui est Rosetta? Dix ans déjà, mais en pleine possession de ses moyens, la sonde spatiale rejoint mercredi la comète Tchourioumov-Guérassimenko, «Tchouri» pour les intimes. Portrait d’une sonde spatiale qui sera la première à se mettre en orbite autour d’une comète, à tenter de poser un robot à sa surface, puis à la suivre lorsqu’elle s’approchera du Soleil.

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Son nom

Rosetta le doit à la pierre de Rosette qui a permis à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens au début du XIXe siècle. Philae, le nom de son robot atterrisseur, vient de l’obélisque sur lequel figurait l’inscription qui a permis de déchiffrer la pierre de Rosette. Quant à la comète Tchourioumov-Guérassimenko, elle porte le nom des deux astronomes ukrainiens qui l’ont découverte en 1969.

Ses mensurations

Rosetta fait 32 mètres d’envergure, d’un bout à l’autre de ses deux immenses panneaux solaires (14 mètres de long chacun). C’est quand même 125 fois moins que la largeur de sa cible, estimée à 4 km. Gros comme un réfrigérateur, son passager Philae pèse une centaine de kilos.

Son parcours

La mission Rosetta a été approuvée par l’ESA en novembre 1993. La sonde avait initialement rendez-vous avec une autre comète, Wirtanen. Mais le lancement, prévu en 2003, avait été repoussé en 2004 et il avait fallu trouver une nouvelle cible satisfaisant les contraintes scientifiques et techniques. Rosetta a survolé trois fois la Terre et une fois Mars afin de bénéficier d’une «assistance gravitationnelle» lui permettant d’atteindre son objectif sans dépense excessive de carburant.

Avec plus de six milliards de km au compteur, elle a déjà à son actif le survol de deux astéroïdes qui croisaient sa route, Steins et Lutetia, qu’elle a photographiés.

Son alimentation

Tous les systèmes embarqués de Rosetta sont alimentés par des cellules solaires «optimisées pour des conditions de luminosité et de température extrêmement basses», selon Airbus Defence and Space, qui a développé et réalisé la sonde. Elle a été mise en sommeil pendant deux ans et demi, lorsqu’elle était trop loin du Soleil pour qu’il puisse alimenter en énergie tous les équipements.

Ses liens avec la Terre

Des commandes sont envoyées périodiquement depuis le sol pour réajuster la trajectoire de l’engin, équipé d’une antenne de 2 mètres orientée vers la Terre. Les ondes radio voyagent à la vitesse de la lumière, mais une commande prend encore actuellement 25 minutes pour parvenir à la sonde. Au moment de son réveil, lorsqu’elle était bien plus éloignée de notre planète, il a fallu quelque 45 minutes pour que le bonjour» de la sonde parvienne à la Terre.

Ses compétences

Rosetta transporte 11 instruments scientifiques (caméras, spectromètres, analyseurs de poussière et de particules…) qui vont lui permettre d’étudier le noyau de la comète ainsi que les gaz et la poussière éjectés (la coma ou «chevelure») lorsqu’elle s’approche du Soleil. Rosetta va escorter la comète le plus longtemps possible. Celle-ci sera au plus près du Soleil le 13 août 2015.

Son défi

L’atterrissage de Philae sur le noyau de la comète est prévu le 11 novembre prochain. Ce sera le premier jamais tenté sur une comète. Philae est lui-même bardé de dix instruments supplémentaires qui réaliseront des mesures en surface. Se poser sur une comète de 4 km de large, à un demi-milliard de km de la Terre, «représente la même performance que se poser sur un point précis d’une pièce de 1 centime d’euro posée à Berlin alors que vous êtes à Paris», selon le CNES.

Une fois solidement agrippé au noyau grâce à son harpon et à trois «pattes» qui le font ressembler à un gros insecte, Philae aura une espérance de vie de 4 à 6 mois, avant de succomber à un «coup de chaud» à cause du soleil.