Brésil: Des Indiens «isolés» entrent en contact avec le monde extérieur

RENCONTRE Le contact a été facilité par deux interprètes indigènes...

20 Minutes avec AFP

— 

Rencontre avec des indiens «isolés» au nord du Brésil le 30 juin 2014.
Rencontre avec des indiens «isolés» au nord du Brésil le 30 juin 2014. — capture d'écran

Un moment rare. Nus et armés d'arcs et de flèches, des Indiens «isolés», à l'écart du monde extérieur, ont émergé de la forêt amazonienne pour entrer en contact avec des Indiens Ashaninkas du nord du Brésil, fuyant probablement des attaques au Pérou.

Le Département des Affaires indigènes du Brésil (Funai) a diffusé une vidéo, montrant le moment du contact sur les berges du fleuve Envira, dans l'Etat brésilien de l'Acre, frontalier avec le Pérou.

>> Voir la vidéo de la rencontre inédite par ici

Une scène montre le moment où un Ashaninka en short remet un régime de bananes à deux Indiens identifiés comme le peuple du Rio Xinane qui appartient au groupe linguistique «pano».

«La vidéo est une des scènes enregistrées au moment où les Indiens isolés entrent en contact avec l'équipe de la Funai et les Ashaninkas. C'était au second jour du contact direct, le 30 juin», explique Carlos Travassos, directeur du département des Indiens isolés de la Funai cité par le site G1 de Globo.

«Ils sifflaient et faisaient des bruits d'animaux»

C'est le 26 juin qu'a eu lieu la première approche des Indiens isolés. Ils sont apparus en train de traverser la rivière Envira. Le village Simpatia (des indiens ashaninkas) se trouve sur les berges de cette rivière.

«Ils sifflaient et faisaient des bruits d'animaux», souligne Carlos Travassos. Cet expert en Indiens isolés a expliqué que les approches étaient assez rapides et que les Indiens retournaient dans la forêt. Cela a recommencé les jours suivants, jusqu'au contact direct et pacifique qui a été facilité par deux interprètes indigènes qui parlent la langue pano et ont établi une relation de confiance avec eux.

Des experts brésiliens estiment que ces Indiens isolés ont traversé la frontière du Pérou en raison des pressions exercées par les bûcherons clandestins et les trafiquants de drogue sur leurs terres.

Un peuple en quête de technologie et d'alliés

Selon l'anthropologue Terri Aquino de la Funai, l'approche a été faite probablement pour acquérir des haches, des coutelas et des casseroles. «Ce peuple est en quête de technologie. C'est important pour leur vie parce qu'il y a une "guerre" interne entre eux et en raison du contact avec des groupes non indigènes», a-t-il dit à G1.

Selon José Correia Jaminawa, 70 ans, l'un des Indiens qui leur a parlé, ils sont venus en quête d'armes et d'alliés. «Ils ont raconté avoir été attaqués par des non indigènes et beaucoup sont morts après avoir attrapé la grippe et la diphtérie», a-t-il souligné, cité par G1.

La Funai a indiqué que quand le groupe d'Indiens isolés était revenu il y a trois semaines dans le village Simpatia, ils avaient la grippe. Une équipe médicale du gouvernement a été envoyée et a traité sept Indiens malades pour éviter la contamination de la tribu qui compterait une cinquantaine de personnes.