Un logo pour distinguer les hôteliers parisiens verts

PARIS Une charte formalise désormais l’engagement des hôteliers à réduire leur impact environnemental…

Audrey Chauvet

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Le Terrass Hotel, à Montmartre, signataire de la charte pour un hébergement durable.
Le Terrass Hotel, à Montmartre, signataire de la charte pour un hébergement durable. — Terrass Hotel

Un croissant bio au petit-déjeuner et des serviettes de toilettes conservées pendant la durée du séjour: les hôteliers parisiens veulent aller plus loin. A l’initiative de l’Office de tourisme et des congrès de Paris, une centaine d’hôteliers signataires de la charte pour un hébergement durable à Paris pourront, dès ce mercredi, mettre en valeur leurs engagements pour réduire leur impact environnemental grâce à un logo officiel.

Des balayettes de toilettes écologiquement efficaces

«110 hôtels représentant toutes les gammes ont signé la charte», se félicite Nicolas Lefebvre, directeur de l’Office du tourisme et des congrès. Engageant les hôteliers à réduire leur consommation d’énergie et d’eau, à réduire et valoriser leurs déchets, à mener une politique d’achats responsables ou encore à encourager leurs hôtes à participer à cette démarche écologique tout au long de leur séjour, la charte n’est que l’aboutissement d’une démarche menée bien en amont: «La première étape est un autodiagnostic sur la gestion interne et les achats, qui débouche sur un audit personnalisé réalisé par l’Office de tourisme, précise Nicolas Lefebvre. Nous vérifions alors la véracité de la démarche engagée par l’hôtel et son degré de sensibilisation, qui conditionne la signature de la charte.»

Christine Binet, gérante des cinq hôtels Maurice Hurand à Paris, a suivi toute la procédure, du premier questionnaire à la signature de la charte. «Nous nous sommes focalisés sur quatre points: les économies d’eau et d’énergie, la diminution des impressions papier, la réduction des déchets et la garantie d’intérieurs sains pour nos clients», explique-t-elle. Ainsi, la rénovation du Terrass Hôtel, à Montmartre, se fera avec des peintures sans composants nocifs et tout le mobilier sera pensé pour être plus écologiquement efficace: «Nous allons faire designer des balayettes de toilettes jolies, pratiques et qui évitent de devoir mettre trop de produit pour nettoyer», illustre-t-elle.

Petit déjeuner bio pour les clients, aspiration centralisée pour les femmes de ménage

A l’hôtel Carlton’s, dans le 9ème arrondissement, les rénovations vont donner une seconde vie au mobilier: «Durant l’hiver dernier, nous avons donné l’équivalent de dix fourgonnettes d’équipement à des associations et recycleries», détaille Victoire Lesur, responsable développement durable au Carlton’s Hotel. Du côté du Crillon, la rénovation commencée l’année dernière permettra d’améliorer l’isolation thermique des bâtiments, déjà bien entamée il y a deux ans: «Le désembouage du système de canalisations nous a permis de faire baisser la facture énergétique de 20 % en un an», chiffre Luc Delafosse, directeur du palace de la Concorde.

Etre vert serait-il désormais un argument pour séduire la clientèle étrangère? «Cela ne va pas leur amener tout de suite une clientèle écocitoyenne, estime Sarah Dutertre, responsable développement durable à l’Office de tourisme de Paris, mais la qualité de l’accueil s’en trouve améliorée». Ainsi, Isabelle Petisne, gérante de l’hôtel Turenne le Marais à Paris (4e) a constaté un engouement pour le petit-déjeuner bio: «Chaque petit-déjeuner bio me revient à 3,85 €, contre 3,38€ auparavant. Mais j’ai observé une nette progression du pourcentage de satisfaction: 86 % sur le petit déjeuner Bio contre 67 % pour un petit déjeuner classique», se félicite-t-elle.

Les investissements payent sur le long terme, assure également Christine Binet: «Nous avons remplacé les aspirateurs par un système d’aspiration centralisé. Cela nous a coûté très cher mais les femmes de chambre adorent!», explique la gérante, qui dit avoir «trop peu de turn-over» dans un secteur d’habitude plutôt victime d’une rotation très rapide des équipes: «Améliorer les conditions de travail et avoir des employés heureux de travailler chez nous est aussi une composante importante du développement durable».