Moi, Greta T., 30 ans, en grève de la consommation pendant un an

CONSOMMATION Durant un an, l'Allemande Greta Taubert a renoncé à la société ...

20 Minutes avce AFP

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La journaliste Greta Taubert sur le site d'un container de déchets à Leipzig, le 12 août 2013
La journaliste Greta Taubert sur le site d'un container de déchets à Leipzig, le 12 août 2013 — Lutz Hofmann Private collection

Durant un an, l'Allemande Greta Taubert a renoncé à la société de consommation. Boire, manger, s'habiller sans bourse délier, cette trentenaire voulait tester ce qui se passerait si la crise finissait par emporter notre système économique basé sur le toujours plus.

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«Non mais là ça va trop loin!»

La première chose que s'est offerte Greta Taubert à l'issue de ses douze mois d'abstinence? «Des collants!», lâche-t-elle spontanément, attablée devant un cappuccino, dans un café de bric et de broc de Leipzig, en ex-RDA.

«Et des produits d'hygiène», ajoute-t-elle aussitôt, en repoussant une mèche de ses longs cheveux blonds volumineux. Finie la fastidieuse fabrication maison de déodorants, crèmes de visage et autres dentifrices estampillés 100% naturel. «J'ai même fabriqué mon propre shampoing», raconte-t-elle. «Mais je me suis mise à ressembler à l'homme de Néandertal. Mon entourage m'a dit: "Non mais là ça va trop loin!"», rigole-t-elle.

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Près de sept millions de tonnes d'aliments à la poubelle chaque année

Pendant toute une année, Greta Taubert, journaliste indépendante, a troqué jupes et pantalons dans des bourses d'échanges de vêtements, gratté la terre pour faire pousser choux et pommes de terre dans un jardin collectif et parcouru en stop plus de 1.700 km pour passer des vacances (dans un squat) à Barcelone...

De cette expérience extrême, la jeune femme a tiré un livre, «Apokalypse jetzt!» («Apocalypse maintenant!») dans lequel elle narre sa vie loin des portants H&M, des caisses d'Aldi, et du gaspillage considérable d'une société de surconsommation.

En Allemagne, en 2012, près de sept millions de tonnes d'aliments ont atterri à la poubelle, soit en moyenne 81,6 kilos par personne.

Un autre modèle inspire l'Europe

Greta Taubert assure que la crise en Europe a provoqué une prise de conscience des limites du modèle économique actuel. «Je crois que les gens ont compris qu'on n'avait rien réglé avec les plans de sauvetage et Mécanisme européen de stabilité», souligne-t-elle. «On ne fait que continuer comme auparavant mais ce système n'a pas de fondement sain».

L'Europe du Sud, où les souris dansent dans le tiroir-caisse depuis le début de la crise, s'y met aussi. En Grèce, une jeunesse lessivée par le chômage tente un nouveau vivre ensemble: «Tu fais du jardinage? Je te propose des cours d'anglais en échange».

Durant cette aventure, Greta Taubert a rencontré néo-babas et intellos devisant en rang. Elle a aussi touché du doigt les limites d'un mode de vie parfois très alternatif.

«Aujourd'hui je cherche à intégrer dans mon quotidien ce que j'ai appris durant cette année mais je suis contente de ne plus vivre aussi radicalement», explique-t-elle.