Iles Féroé: Sea Shepherd renforce sa flotte contre le massacre de dauphins

© 2014 AFP

— 

L'organisation Sea Shepherd renforce sa flotte contre le massacre de dauphins dans les Iles Féroé
L'organisation Sea Shepherd renforce sa flotte contre le massacre de dauphins dans les Iles Féroé — Olivier Morin AFP

L'organisation Sea Shepherd a pris possession mercredi en Bretagne de quatre nouveaux navires spécialement destinés à lutter contre ce qu'elle qualifie de «plus grand massacre de mammifères marins en Europe», dans les Iles Féroé.

Les quatre navires en aluminium, «rapides, solides et légers» et baptisés mercredi à Locquirec (Finistère), ont été conçus pour intervenir dans l'opération Grindstop2014 lancée par l'organisation, indique-t-elle dans un communiqué.

«Ils sont insubmersibles et l'aluminium résiste à tout», a assuré à l'AFP Catherine Blondeau, l'une des responsables du chantier naval breton Bord à Bord qui a construit ces navires d'un peu plus de 6 m de long.

L'opération Grindstop2014 vise à s'opposer au massacre d'environ 1.500 dauphins le long des côtes des Iles Féroé, situées à mi-chemin entre l'Ecosse et l'Islande.

Sea Shepherd, en pointe dans le monde contre le massacre de dauphins mais également de baleines, compte assurer une présence sur place entre juin et octobre, période où les massacres sont les plus importants. Quelques 400 volontaires se relaieront afin d'éloigner les dauphins des côtes.

Les Iles Féroé perpétuent, selon l'organisation, «une tradition barbare »consistant à trancher la moelle épinière des cétacés au couteau après les avoir contraints à s'échouer dans une baie. Cette tradition remonterait à plusieurs siècles et ses partisans feraient valoir que sans ces parties de chasse la population n'aurait pas pu survivre.

«Personne aux Féroé n'aurait faim et a fortiori ne mourrait de faim, si on ne tuait plus de dauphins», assure cependant l'organisation qui a déjà mené des campagnes musclées dans l'océan Austral contre les harponneurs de baleines japonais.

«Ces dauphins sont protégés par plusieurs conventions en Europe et il est strictement interdit de les tuer», a expliqué à l'AFP Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. «Les Iles Féroé ne font pas à proprement parler partie de l'Union européenne, mais elles sont sous protectorat danois et reçoivent de très importantes subventions européennes, tout en se permettant de ne pas respecter nos lois», a-t-elle dénoncé.

L'organisation de défense des océans lutte depuis 1986 contre ces massacres dans les Iles Féroé, mais cette année elle y mènera sa plus importante campagne.