L'apéro insecte fait mouche

CONSOMMATION Une entreprise spécialisée organise des dégustations...

Hélène Ménal

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Ces vers déshydratés, à l'arrière-goût de noisette, craquent sous la dent.
Ces vers déshydratés, à l'arrière-goût de noisette, craquent sous la dent. — F. Scheiber / 20 Minutes

«Ca y est! Je peux faire "Koh Lanta"!» Samuel, un grand baraqué, vient de goûter du bout des lèvres un ver de farine déshydraté arôme grillade. A son grand étonnement, il lui trouve un goût d'amuse-gueule classique et se dit qu'en servir à l'occasion permettrait de « se marrer entre copains à l'apéro ». Et il n'est pas le seul. Au centre commercial de Blagnac, le stand de dégustation* de Micronutris grouille de curieux. La société installée à Saint-Orens est la seule en Europe à s'être lancée dans l'élevage d'insectes à grignoter.

Et à part quelques adolescentes qui partent avec un haut-le-cœur en lançant des grands «beurk!», les passants se montrent plutôt téméraires et réceptifs à cette nouveauté.

Bio et local

Surtout quand on fait vibrer leur fibre éco-responsable. «Pour une même quantité de protéines, il faut 10 à 100 fois moins de ressources naturelles pour élever des vers que pour des bœufs», argumente Maxime Pigeon, le chargé de clientèle de la boîte reconverti pour la circonstance en serveur. Son collègue, Alexandre Perrin, y met sont grain de sel culinaire. «C'est idéal dans une quiche ou en remplacement des croûtons dans une salade», confie-t-il. Ils sont incollables sur les apports en Oméga 3 et, en guise de cerise sur le criquet, indiquent que les vers sont nourris avec des invendus des maraîchers bio du secteur. L'argument fait mouche auprès de Dominique, un Blagnacais. «Il y a quelque chose d'égoïste dans notre façon de consommer de la viande. Je préfère manger des insectes locaux que du poisson douteux, affirme-t-il. Et en plus je m'aperçois que le goût est très correct.» Son épouse, Christine, l'a accompagné avec beaucoup plus de réticences psychologiques. Elle a d'abord lorgné les gâteaux secs. Mais elle a fini par enfourner un criquet bien goûtu.

Environ 2 000 clients récurrents

Micronutris emploie une dizaine de salariés à Saint-Orens. A 7,50 euros le sachet de biscuits secs aux vers, l'élevage permet déjà d'alimenter via Internet environ 2.000 clients récurrents. «Pour l'instant, nous testons nos produits dans quelques magasins bio et nous les mettrons bientôt en rayon dans des magasins pilotes, plutôt en région toulousaine», explique Cédric Auriol, le jeune patron, qui met actuellement la touche finale à une barre énergétique.