Stations de ski écolos: « Il est temps de passer à la vitesse supérieure »

À Grenoble, Souhir Bousbih
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Station de sports d'hiver de Meribel-Mottaret.
Station de sports d'hiver de Meribel-Mottaret. — COUTIER BRUNO/SIPA

Les stations de ski ont fait le plein durant les vacances d’hiver, avec des taux de fréquentation compris entre 70 et 90%. Une satisfaction pour les professionnels de la montagne, mais du côté des associations de protection de l’environnement, on fait la grimace...

Une prise de conscience notable

«On le sait, venir à la montagne pollue. Le transport des vacanciers représente à lui seul 60% des émissions carbones rejetées par les stations, et même si des efforts ont été faits dans la promotion des transports en commun, on stagne depuis quelques années», regrette Laurent Burget, directeur de l’association Moutains Riders, pour qui il est temps «de passer à la vitesse supérieure».  En 2011, l’ONG a mis en place un label, «Flocon Vert»,  récompensant les stations engagées dans le développement durable. Mais à ce jour, seules trois (Les Rousses dans le Jura, Chamonix en Haute-Savoie et Villars, en Suisse) ont décroché le sésame: «Ce n’est pas beaucoup c’est sûr, mais je pense que si on recevait plus de dossiers de candidatures, d’autres auraient leur chance», tempère-t-il.

Car si tout n’est pas rose, des efforts indéniables ont été réalisés, d’une station à l’autre. Dameuse à l’huile bio dans la station des Gets, incitation au covoiturage à Avoriaz, toilettes sèches à lombricompostage dans les domaines de Valloire (Savoie) et de La Bresse (Vosges), neige artificielle sans additifs… Même les équipementiers s’y mettent: mercredi, le constructeur de téléphériques Poma a annoncé à Grenoble l’intégration d’une nouvelle technologie, « DirectDrive », dans les moteurs de ses remontées mécaniques. Objectif : ne plus utiliser d’huile et réduire de 5% la consommation d’énergie. Une autre entreprise, Attaway, propose un système d’autonomie en énergie 100% renouvelable pour alimenter les habitats isolés en montagne, comme les refuges.

Le point noir du logement

Pour Pierre Lestas, président des Domaines skiables de France, «ces initiatives prouvent que les opérateurs de stations sont plus sensible à l’écologie». Autre signe significatif d’après lui: le nombre d’appareils de remontées mécaniques s’est réduit: «En dix ans, 200 à 300 appareils ont disparu, et les nouveaux sont plus durables.»

Ces aménagements n’occultent pas la question des gazs à effet de serre émis par les chauffages, ce que reconnait Pierre Lestas: «Le logement est un gros enjeu, mais on ne peut pas s’attaquer au problème seuls. Nous réfléchissons, avec la Compagnie des Alpes, à un projet de rénovation du parc, mais nous avons besoin des communes et de la Région pour nous soutenir.» Vincent Neirinck, chargée de mission dans l’association Mountain Widerness, se montre plus sceptique: «Rénover coûte plus cher que construire de nouveaux immeubles. Il faudrait changer le système de fiscalité pour vraiment changer la donne.»