Côte-d’Or: 500 euros d'amende pour le viticulteur bio qui avait refusé de traiter ses vignes

JUSTICE Emmanuel Giboulot était jugé pour avoir refusé d’épandre des insecticides dans ses parcelles de vigne en Bourgogne…

Audrey Chauvet

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Le viticulteur bio Emmanuel Giboulot au tribunal de Dijon,le 24 février 2014
Le viticulteur bio Emmanuel Giboulot au tribunal de Dijon,le 24 février 2014 — Jeff Pachoud AFP

Le tribunal correctionnel de Dijon a condamné Emmanuel Giboulot, un viticulteur bourguignon qui avait refusé de traiter ses ceps contre la flavescence dorée, une maladie de la vigne, à 500 euros d’amende. Alors que le parquet avait requis une amende de 1.000 euros, la justice a adouci la sanction contre  ce viticulteur bio qui avait été massivement soutenu sur le Web.

Exception au principe de précaution

Les faits remontent à juin 2013, lorsque la préfecture de Côte-d’Or publie un arrêté obligeant tous les viticulteurs du département à traiter leurs ceps contre la flavescence dorée, une maladie mortelle pour la vigne transmise par un petit insecte, la cicadelle. Pour l’éradiquer, la préfecture préconise l’utilisation d’un insecticide. Mais la biodynamie, qui interdit toute utilisation de produits chimiques, n’est pas compatible avec cet ordre et Emmanuel Giboulot refuse de traiter ses dix hectares de vigne. «J'ai refusé de faire ce traitement systématique dans la mesure où il n'y avait pas de foyer avéré dans le département», avait-il-expliqué au tribunal.

Plus que le procès d’un seul homme, c’est une vision de l’agriculture qui était au cœur de la décision du tribunal et une interprétation du principe de précaution. Pour les associations de protection de l’environnement qui soutiennent Emmanuel Giboulot, les traitements imposés relèvent d’une vision de l’agriculture «uniquement basée sur une lutte chimique comme toute réponse au moindre problème», écrit l’association Générations futures. Pour Sandrine Bélier, députée europénne écologiste, qui a apporté son soutien à Emmanuel Giboulot, le verdict du tribunal correctionnel est «un signal extrêmement négatif envoyé à toutes celles et ceux qui, comme Emmanuel Giboulot, pratiquent une agriculture conciliant performance économique et écologique».