Le réveil du frelon asiatique inquiète

PLANETE L'insecte tueur d'abeilles s'est propagé à très grande vitesse en Loire-Atlantique...

Frédéric Brenon

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Des frelons asiatiques tournoyant autour d'une ruche, prêts à attaquer.
Des frelons asiatiques tournoyant autour d'une ruche, prêts à attaquer. — F. Scheiber/20 Minutes

Après une accalmie due au froid hivernal, les frelons asiatiques commencent à réapparaître dans le département. « Les fondatrices sortent pour créer de nouvelles colonies. Quand on sait que chaque nid abrite en moyenne 1500 frelons dont une centaine de fondatrices, on comprend mieux la vitesse de propagation », explique Marc Pondaven, directeur de la FDGDON, l'organisme départemental qui lutte contre les espèces nuisibles. Arrivé il y a seulement quatre ans, l'insecte invasif a déjà conquis toute la Loire-Atlantique. « De 7 nids recensés en 2010, on est passé à 822 l'an passé !, rapporte Marc Pondaven. Et on ne parle là que des nids découverts. L'ennui, c'est qu'on n'a certainement pas atteint le potentiel maximal de l'invasion. Le frelon est aussi davantage présent en zone urbaine en raison des températures un peu plus douces. » Peu dangereuse jusque-là, cette prolifération va poser de plus en plus un problème de santé publique, estime la FDGDON. « Il est évident que le risque d'accidents s'accroît, affirme Marc Pondaven. Le frelon asiatique a un comportement complexe : être proche d'un nid n'est pas systématiquement synonyme de danger. Mais quand il attaque, c'est en groupe et de manière très agressive. C'est comme recevoir un orage de grêle. Cela peut alors être très grave. »

Quels moyens de lutte ?

L'autre problème posé par le frelon est son appétit pour les abeilles. « Il les consomme pour leur richesse en protéines. Quelques frelons peuvent détruire une ruche entière en quinze jours. A cause du frelon, des pesticides et des maladies, on assiste à une chute de production de miel de 30 %. C'est un massacre et les pouvoirs publics restent sans rien faire. Il faut des moyens de lutte organisés », réclame Claude Jajolet, vice-président de l'union des apiculteurs de Loire-Atlantique (UNAPLA). Pour l'heure, le seul moyen de lutte est de signaler la présence d'un nid à la FDGDON*. Charge ensuite au propriétaire de le faire détruire par une société habilitée. Coût : entre 60 € et 300 €.

■ En attente

Le conseil général réclame à l'Etat le classement du frelon asiatique en « espèce nuisible de niveau 1 ». Un classement qui enclencherait de fait des moyens financiers et une destruction de nids organisée.