Nucléaire, gaz de schiste...: les positions de Ségolène Royal

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Ségolène Royal, nouvelle ministre de l'Ecologie, le 22 août 2013 à La Rochelle
Ségolène Royal, nouvelle ministre de l'Ecologie, le 22 août 2013 à La Rochelle — Xavier Leoty AFP

Nucléaire, gaz de schiste, taxe carbone... Les principales prises de position de Ségolène Royal, nouvelle ministre de l'Ecologie et l'énergie, sur les grands dossiers qu'elle a désormais en main.

SA VISION DE L'ECOLOGIE:

Elle promeut la «social-écologie»: «une croissance verte» qu'elle juge être «un levier de sortie de crise très efficace», qu'il faut combiner à un «nouveau modèle social» qui «remet du bien-être et de l'humain dans l'économie».

En 2011, elle estimait que la France devait «devenir la première puissance écologique d'Europe dans le domaine des énergies renouvelables».

Ministre de l'Ecologie entre avril 1992 et mars 1993, Ségolène Royal a représenté la France en 1992 lors du fondateur sommet de la Terre, à Rio. De son bilan, elle met en avant la loi déchets de 1992 pour favoriser la valorisation des déchets et mieux prendre en compte les impacts environnementaux de leur élimination et celle en 1993 obligeant à la prise en compte des paysages dans les permis de construire.

Une action qu'elle poursuit localement depuis 2004 en Poitou-Charentes avec l'adoption de plans en faveur des énergies renouvelables et la promotion de la voiture électrique.

NUCLEAIRE:

Pendant la primaire socialiste en 2011, elle souhaitait ramener le nucléaire «à une énergie d'appoint». Elle s'était prononcée pour une sortie du nucléaire en France à «échéance de 40 ans maximum», avec «réduction de la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité avant 20 ans» (le gouvernement a posé l'échéance à 2025).

Elle promettait d'abandonner la construction du futur réacteur EPR à Flamanville et d'en faire un site de recherche sur les techniques de démantèlement et les énergies renouvelables.

Elle était aussi favorable à l'abandon de l'EPR de Penly et de tout projet de stockage de déchets nucléaires en grande profondeur, comme à Bure.

GAZ DE SCHISTE:

En 2011, elle se disait «favorable à l'interdiction» de l'extraction du gaz de schiste tant que «la maîtrise» de cette exploitation «n'est pas garantie». Ne fermant pas la porte à une exploitation par «les générations futures», elle jugeait «nécessaire de poursuivre la recherche sur les procédés d'extraction propres à long terme».

TAXE CARBONE:

Elle avait ferraillé, en 2009, contre le projet de «taxe carbone» de Nicolas Sarkozy, dénonçant un «impôt absurde, un impôt injuste, un impôt historiquement décalé dans le temps», trop pénalisant pour les ménages modestes. Nicolas Hulot, promoteur de cette taxe finalement enterrée courant 2010, a estimé dans un livre paru en 2013 que Ségolène Royal a, avec cette déclaration, «torpillé la taxe et anéanti plusieurs mois de travail».

Ségolène Royal a contesté à nouveau l'été dernier la contribution climat énergie poposée par le gouvernement pour lier en partie les taxes sur les énergies polluantes à leurs rejets en CO2, fustigeant un «impôt supplémentaire». En tant que ministre de l'Energie, elle va toutefois désormais devoir gérer la montée en puissance d'une contribution adoptée à l'automne.

DIESEL:

Elle a aussi clairement pris position contre une hausse de la fiscalité sur le diesel: «On a encouragé les Français pendant des années à acheter des voitures diesel, on ne va pas du jour au lendemain leur taper sur la tête avec un impôt supplémentaire», disait-elle en mars 2013.

Pour lutter contre la pollution atmosphérique issue du transport, elle affirmait en 2011 être contre les péages urbains à l'entrée des grandes villes et préfère la circulation alternée basée sur les plaques d'immatriculation.

NOTRE-DAME-DES-LANDES:

En 2011, elle avait appelé à «une nouvelle enquête d'utilité publique» sur le projet de futur aéroport nantais, évoquant la possibilité de «trouver un site moins nuisible et moins fragile» que celui de Notre-Dame-des-Landes. Cette position avait été saluée par plusieurs opposants au projet. En mai 2013, elle estimait que la construction de l'aéroport «sera très difficile à faire».