On sait enfin pourquoi le zèbre a des rayures

ANIMAUX Une nouvelle étude apporte une réponse à cette question qui torture les scientifiques…

A.Ch. avec AFP

— 

Les réserves animalières du Serengeti et du Masaï Mara, séparées par la rivière Mara, forment un seul écosystème et abritent une migration unique au monde par sa taille: en juillet-août, les gnous, zèbres et autre gazelles traversent la rivière, infestée de crocodiles, pour aller chercher des pâturages disponibles dans le Mara.
Les réserves animalières du Serengeti et du Masaï Mara, séparées par la rivière Mara, forment un seul écosystème et abritent une migration unique au monde par sa taille: en juillet-août, les gnous, zèbres et autre gazelles traversent la rivière, infestée de crocodiles, pour aller chercher des pâturages disponibles dans le Mara. — Tony Karumba AFP

Certains s’achètent des parures pour plaire, le zèbre lui s'est laissé pousser des rayures pour déplaire aux insectes, selon une étude publiée ce mardi. C’est ainsi pour protéger son espèce des morsures de la mouche tsé-tsé et autres taons assoiffés de sang que la robe du zèbre alterne le blanc et le noir.

L’hypothèse de l’insecte vérifiée

Une expérience récente a démontré que les mouches parasites avaient nettement moins tendance à se poser sur des surfaces rayées de noir et de blanc que sur des couleurs unies. Mais de nombreuses autres hypothèses étaient toujours évoquées: se camoufler, semer la confusion chez ses prédateurs… Les différentes explications n’avaient jamais été confrontées systématiquement dans une étude. Pour tenter de démêler l'écheveau, Tim Caro, biologiste à l'Université de Californie, et ses collègues américains ont donc testé ces multiples facteurs auprès de différentes espèces d'équidés, rayées ou pas. Ils ont bien trouvé des associations étroites entre la présence de rayures sur tout le corps et l'activité des taons, ainsi qu'entre les rayures sur le ventre et la présence de mouches tsé-tsé dans leur milieu. «A l'inverse, rien ne vient étayer de manière convaincante les hypothèses du camouflage, de l'évasion face aux prédateurs, de la régulation thermique ou des interactions sociales», écrivent les chercheurs dans la revue Nature Communications.

Une histoire de poils

Les mouches parasites semblent donc bien être le principal facteur évolutif à l'origine de l'apparition des rayures. Une parade efficace si l'on en croit des observations indirectes : on trouve peu de sang de zèbre dans le tube digestif des mouches tsé-tsé et le taux de prévalence de la «maladie du sommeil» (trypanosomiase africaine) est bien moindre chez le zèbre que chez son cousin, le cheval domestique (lui aussi du genre Equus), sévèrement touché par cette maladie dans de nombreuses régions d'Afrique, relèvent les auteurs. «Pourquoi donc les équidés africains seraient-ils si sensibles aux morsures de mouches» au point d'avoir évolué pour s'en prémunir? C'est que leurs poils sont à la fois moins épais et moins longs que ceux des autres ongulés africains, girafes et antilopes par exemple, avance l'étude.

Outre les nombreuses maladies véhiculées par les mouches parasites (grippe équine, peste équine, anémie infectieuse, etc.), le sang sucé par les taons peut atteindre un volume considérable: jusqu'à un demi-litre par jour chez une vache, comme observé aux Etats-Unis.