Rapport du Giec: Comment le changement climatique va changer nos vies

CLIMAT Les points essentiels du dernier rapport du Giec, publié ce lundi…

Audrey Chauvet

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Le président de la Banque mondiale (BM) s'est inquiété lundi de la récente flambée de certains prix alimentaires, sous l'effet notamment d'une vague de sécheresse aux Etats-Unis, et de ses "conséquences néfastes" sur le sort des populations pauvres.
Le président de la Banque mondiale (BM) s'est inquiété lundi de la récente flambée de certains prix alimentaires, sous l'effet notamment d'une vague de sécheresse aux Etats-Unis, et de ses "conséquences néfastes" sur le sort des populations pauvres. — Scott Olson afp.com

Moins de nourriture, plus de précipitations, des vignobles asséchés et des ours polaires mutants… La longue liste des impacts possibles du changement climatique est appuyée par les dernières recherches du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec). Le second volet du cinquième rapport du Giec, publié ce lundi, insiste sur les mesures d’adaptation qui seront nécessaires pour faire face à une hausse de +2 à +4°C des températures moyennes mondiales.

La Méditerranée en surchauffe

Si l’Europe devrait voir sa demande d’énergie baisser avec la diminution du besoin de chauffage, les régions méditerranéennes pourraient, elles, mettre la climatisation à fond. Le tourisme pourrait souffrir de températures trop hautes et se reporter vers des régions plus au nord. Les feux de forêt et les canicules pourraient se multiplier, rendant les cultures et les vignobles moins productifs. Les risques de hausse du niveau de la mer sont également à prendre en compte pour se prémunir d’inondations, note le Giec.

Un monde en manque de nourriture

Baisse des récoltes due à la chaleur dans les régions méditerranéennes, manque d’eau pour les rizières asiatiques et dans les champs russes: d’ici à 2070, près de 139 millions de personnes pourraient manquer de nourriture dans le monde, alerte le Giec. C’est en particulier l’Afrique qui souffrira de la baisse des productions agricoles en raison de l’aggravation des pénuries d’eau, des intempéries de plus en plus violentes. Des déplacements de population, voire des conflits pour l’accès aux ressources naturelles, ne sont pas à exclure.

Des migrations de populations

Les régions touchées par des intempéries extrêmes, risquant l’engloutissement par la mer ou ne permettant plus d’assurer la subsistance de leurs habitants pourraient se voir déserter. Les «réfugiés climatiques» pourraient se compter par dizaines de milliers. Les inégalités entre villes et campagnes et, au niveau mondial, entre pays riches et pays pauvres, pourraient encore s’accentuer. Selon une étude de la Nasa publiée fin mars, le creusement des inégalités et la surexploitation des ressources naturelles seraient des facteurs déterminants de la viabilité d’une civilisation.

New York sous les eaux, l’Amazonie fera grise mine

Du Nord au Sud, le continent américain devrait subir de gros changements climatiques. Les cyclones qui frappent régulièrement les Etats du Sud des Etats-Unis pourraient remonter vers le nord et toucher la région de New York. Au sud du pays et au Mexique, ce sont plutôt des sécheresses sévères qui menacent. Au nord du Brésil, les précipitations pourraient diminuer de 22 % d’ici à 2100, mettant en danger le poumon de la planète, la forêt amazonienne.

Des îles qui disparaissent

Partout dans le monde, des petites îles pourraient être englouties par les eaux des océans, à l’image de ce qui se passe déjà aux Maldives.