Le projet de chauffage bois d'Areva La Hague vivement critiqué

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L'usine de retraitement de déchets nucléaires Areva de La Hague (Manche) était à l'arrêt mardi à la suite d'une grève contre des projets de sous-traitance de certaines activités du site
L'usine de retraitement de déchets nucléaires Areva de La Hague (Manche) était à l'arrêt mardi à la suite d'une grève contre des projets de sous-traitance de certaines activités du site — Charly Triballeau AFP

Le projet d'Areva de passer du fioul au bois pour produire l'énergie de son usine de retraitement de déchets nucléaires de Beaumont-Hague (Manche), un des plus importants projets bois par son volume en France, inquiète professionnels de santé et associations.

«Si on regarde les comparaisons entre le fioul domestique et le bois», pour des chaudières de la taille de celles envisagées par Areva, «on voit que, à part le dioxyde de soufre, tout le reste des émissions polluantes est en augmentation», a affirmé Jean-Louis Larquemain, représentant des professionnels de santé à la commission locale d'information (CLI) du site, lors d'une réunion publique.

«Les poussières (particules fines) passent de 3 grammes par gigajoule à 250 grammes (...) Et apparaissent des choses qu'on ne voit pas avec le fioul comme des dioxines dont ont sait que c'est éminemment cancérigène», a ajouté cet ancien pharmacien, dans une présentation demandée par la CLI.

«Et qu'on nous prouve que le bilan de production du dioxyde de carbone par l'usine, censé être recyclé lors de la croissance des végétaux, est neutre», a-t-il ajouté. Selon ses calculs, les trois chaudières de 21 MW d'Areva produiront 260.000 tonnes de CO2 par an et non 125.000 comme annoncé selon lui par Areva en 2010.

La CLI regroupe élus locaux, syndicats et associations.

Un ex-directeur adjoint de l'usine, aujourd'hui à la tête de l'Association des écologistes pour le nucléaire, Jean-Paul Martin, a estimé qu'il faudrait au minimum 500 ans pour que le dioxyde de carbone produit soit absorbé.

«C'est une aberration totale», a aussi indiqué Anne-Marie Duchemin à la tête d'une association membre de France nature environnement (FNE).

Yann Perotte, de FO, a également critiqué la surveillance prévue de ces chaudières «qui nous en enverront le plus dans les narines».

«Il y a des techniques pour avoir le moins de poussière possible. On a des mesures en continu», a répondu René Charbonnier, directeur adjoint de l'usine.

Les chaudières doivent alimenter en énergie tout le site de retraitement de déchets nucléaires en usine. Le projet n'est pas prévu avant mi-2017.

5.000 personnes travaillent sur ce site, selon l'entreprise.

Le projet qu'Areva sous-traite à Dalkia prévoit l'installation de trois chaudières de 21,5 MW, alimentées par 150.000 tonnes de bois par an, soit 20 camions par jour.

Il avait été annulé en justice en 2011 mais la cour d'appel de Paris l'a validé le 6 mars.