Journée mondiale de l’eau: «Plus de 4.000 enfants meurent chaque jour de maladies diarrhéiques»

PLANETE L’Agence française de développement va financer un plus grand nombre de projets liés à l’accès à l’eau en Afrique subsaharienne dans les prochaines années…

Propos recueillis par Audrey Chauvet

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Des jeunes filles vivant dans un camp de déplacés vont chercher de l'eau avec des bidons, en 2013 dans la région de Nangarhâr (est de l'Afghanistan)
Des jeunes filles vivant dans un camp de déplacés vont chercher de l'eau avec des bidons, en 2013 dans la région de Nangarhâr (est de l'Afghanistan) — Noorullah Shirzada AFP

Nous n’y pensons même plus, mais avoir de l’eau potable chez soi est un luxe auquel 768 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès. Et avoir des toilettes décentes n’est toujours pas une réalité quotidienne pour 2,5 milliards d’humains, en grande majorité dans les pays en développement. Pour installer des réseaux et répondre à l’urgence sanitaire, l’Agence française de développement finance des projets d’accès à l’eau à travers le monde. Cassilde Brenière, chef de la division Eau et Assainissement à l’Agence française de développement, estime qu’il s’agit d’une priorité pour le développement économique des pays.

Pourquoi l’accès à l’eau potable constitue-t-elle une priorité pour le développement?

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement a des impacts très importants sur la santé: les maladies diarrhéiques sont encore très importantes, plus de 4.000 enfants en meurent chaque jour dans le monde. Cela est encore plus vrai en Afrique subsaharienne car, en plus des impacts sur la santé, l’eau y est une des ressources rares nécessaires au développement d’activités économiques et agricoles.

Sur la période 2014-2018, l’Agence s’engage à financer 700 millions d’euros par an dans les pays étrangers et 50 millions d’euros en Outre-mer. Quels types de projets seront mis en œuvre?

La moitié de ces engagements se feront en Afrique subsaharienne, principalement dans les grandes capitales. Il s’agit de projets portant à la fois sur l’amélioration de la production d’eau et sur la desserte des quartiers périphériques les plus pauvres. Pour qu’il soit pérenne, chaque projet comporte un important volet de renforcement des capacités locales par la formation et un travail sur la tarification.

Rendre l’eau potable mais payante, n’est-ce pas en barrer encore l’accès aux plus pauvres?

Actuellement, ils payent l’eau trois fois, voire dix fois, plus cher que s’ils y avaient accès à domicile car ils l’achètent à des camions-citernes ou d’autres revendeurs. D’autre part, nous soutenons des systèmes de péréquation avec des tranches qui permettent d’avoir accès à l’eau à un prix relativement faible pour les plus pauvres.

Faut-il apprendre à utiliser l’eau?

Sur 50% de nos projets, nous avons un volet de sensibilisation à l’hygiène, souvent mis en œuvre par les ONG. La façon de se servir de l’eau, notamment la manière de la stocker à domicile, est très importante. Il y a aussi l’aspect lavage des mains qui est primordial.

Comment éviter que la ressource en eau se raréfie?

Il y a sur l’eau une tension quantitative car la population augmente ainsi que la consommation de produits agricoles qui ont besoin d’eau. Nous travaillons donc sur l’augmentation de la production, mais aussi sur l’optimisation et la réduction de la demande en évitant le gaspillage. Il y a aussi une tension qualitative car 80% des eaux usées sont reversées en milieu naturel sans traitement, donc les réserves en eau douce se dégradent. C’est pour cela que nous finançons aussi des systèmes de traitement des eaux.