L’ère industrielle court à sa perte, affirment des chercheurs de la Nasa

PLANETE La surconsommation de ressources naturelles et les inégalités de richesse pourraient causer la fin de notre civilisation…

Audrey Chauvet

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La planète Terre se révèle au public.
La planète Terre se révèle au public. — Planétarium / Espace des sciences

Après les Aztèques, les Mayas et les Egyptiens, la civilisation industrielle occidentale deviendra-t-elle un jour une page dans les livres d’histoire? D’après une étude de la Nasa, l’ère industrielle pourrait provoquer sa propre perte en raison d’une surexploitation des ressources naturelles et d’une répartition inégalitaire des richesses.

Croissance puis effondrement, un cycle récurrent

Rappelant que le processus de «croissance puis effondrement est un cycle récurrent à travers les âges», le modèle développé par la Nasa montre que même la civilisation moderne, malgré sa complexité et ses avancées scientifiques, pourrait ne pas échapper à la règle. Les chercheurs ont recensé les facteurs qui, lorsqu’ils se combinent mal, expliquent le déclin d’une civilisation: la population, le climat, l’eau, l’agriculture et l’énergie. Ainsi, l’exploitation intensive des ressources au-delà des capacités écologiques de la planète et la fracture entre une minorité de personnes riches et une masse de pauvres aurait été à l’origine de la fin de quelques civilisations et pourrait bien être la cause du déclin de la nôtre, rapporte le Guardian. «Le surplus accumulé n’est pas distribué équitablement dans la société, mais accaparé par une élite, explique le rapport. La masse de la population, qui produit la richesse, ne se voit rétribuée par les élites que d’une infime partie de cette richesse qui les maintient juste au niveau de subsistance.»

Effet rebond

Le progrès scientifique ne paraît pas non plus pouvoir sauver notre civilisation. «Le changement technologique peut augmenter l’efficience de l’usage des ressources mais il tend aussi à augmenter la consommation de ressources par personne et l’échelle d’extraction de ces ressources de telle façon à ce que l’augmentation de la consommation compense l’usage plus efficient», écrivent les chercheurs. C’est aussi ce que l’on appelle l’effet rebond: une technologie moins consommatrice voit le jour, mais plus de gens l’adoptent, ce qui au final revient à la même consommation globale qu’avant.

En conclusion, les auteurs jugent que dans des conditions «reflétant assez fidèlement la réalité du monde actuel, l’effondrement est difficile à éviter». Une famine n’est pas à exclure si les ressources de plus en plus rares restent accaparées par une minorité, qui malgré les alertes, continue le «business as usual» (business comme d’habitude). La seule manière de nous sauver: réduire la consommation de ressources naturelles par tête et les distribuer de manière plus équitable, estiment les chercheurs.

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