Nucléaire: La prolongation des centrales n'est «pas acquise», insiste l'ASN

ÉNERGIE Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a répété que l'avis final serait rendu vers 2018 ou 2019...

Bérénice Dubuc

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La centrale nucléaire de Gravelines, le 5 mars 2014
La centrale nucléaire de Gravelines, le 5 mars 2014 — Philippe Huguen AFP

Ce n'est pas encore sûr. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a répété ce mercredi que l'autorisation de fonctionnement des réacteurs nucléaires français au-delà de 40 ans n'était «pas acquise», et qu'elle rendrait son avis final vers 2018 ou 2019.

«L'extension au-delà de 40 ans n'est pas acquise», a rappelé le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet, au cours de la convention annuelle de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN). «Le premier avis sur la possibilité d'aller ou non au-delà de 40 ans, nous pourrons peut-être le formuler en 2015», a poursuivi Pierre-Franck Chevet. «L'avis final, définitif, générique sur l'ensemble du parc nucléaire français (pourrait intervenir) aux alentours de 2018, 2019», avant «un examen réacteur par réacteur».

«Ce n'est pas une date anniversaire»

Pierre-Franck Chevet a toutefois souligné qu'il ne fallait pas prendre la notion de 40 ans «au pied de la lettre». «Ce n'est pas une date anniversaire. C'est l'hypothèse de dimensionnement qui a été prise à l'origine. On vérifie ce qu'ont vraiment vécu les réacteurs nucléaires, et en réalité il y a une marge», a-t-il expliqué.

La prolongation de la durée de vie des centrales au-delà de la limite initialement fixée lors de leur conception sera évaluée à l'aune des critères de sûreté, plus stricts, applicables à la troisième génération de réacteurs, comme l'EPR en cours de construction à Flamanville (Manche), a rappelé le président de l'ASN. Car «l'alternative à cette extension, ce serait de construire une nouvelle centrale. A l'évidence, une nouvelle centrale devrait être construite suivant les règles de la troisième génération.»

Les discussions ont déjà débuté

La sûreté des piscines de stockage des combustibles usés, une vulnérabilité mise en évidence par la catastrophe de Fukushima (Japon) en mars 2011, et la capacité à refroidir l'enceinte en cas d'accident grave seront surveillées très attentivement, a précisé Pierre-Franck Chevet. Les discussions sur cette prolongation au-delà de 40 ans ont déjà débuté avec l'exploitant EDF, qui doit remettre ses propositions à l'ASN.

«Avec EDF, nous sommes d'accord sur le sommaire du dossier. Nous allons avoir, en anticipation de l'examen formel de ce futur dossier, un cycle de trois séminaires (...) qui doivent se dérouler d'ici la fin de ce semestre pour examiner les principaux sujets de sûreté qui se posent», a dit Pierre-Franck Chevet.