Pic de pollution: Comment se protéger?

SANTE Le docteur Pierrick Hordé, allergologue, délivre des conseils pour limiter les effets de la pollution sur l'organisme...

Delphine Bancaud

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La pollution atmosphérique par les particules fines, observée depuis plusieurs jours en Ile de France, devrait se poursuivre mardi, selon la préfecture de police, qui recommande de réduire la vitesse sur les routes et de respecter l'interdiction de brûler des déchets en plein air.
La pollution atmosphérique par les particules fines, observée depuis plusieurs jours en Ile de France, devrait se poursuivre mardi, selon la préfecture de police, qui recommande de réduire la vitesse sur les routes et de respecter l'interdiction de brûler des déchets en plein air. — Stephane de Sakutin afp.com

Au moment où les particules sont de retour dans plusieurs régions, le docteur Pierrick Hordé, allergologue et directeur du site Sante-medecine.net livre ses conseils pour limiter les nuisances de cette pollution atmosphérique.

Qui sont les personnes les plus vulnérables à ce type de pollution?

Pour le docteur Pierrick Hordé, il s’agit des «personnes âgées, des bébés, des diabétiques, des asthmatiques, des cardiaques, des immunodéprimés». «Mais il ne faut pas oublier non plus les personnes allergiques, d’autant qu’en ce moment, les pollens arrivent. La conjonction de la pollution aux particules fines et des allergies aux pollens entraînent des effets plus nocifs pour les patients et peut même déclencher de l’asthme chez eux». Pendant les pics de pollution, ces personnes doivent si possible s'abstenir de sortir aux heures les plus chaudes de la journée.

A quel moment faut-il chercher à se protéger?

«Après quatre ou cinq jours de beau temps, j’invite mes patients à suivre mes conseils», explique l’allergologue. En Ile-de-France, les alertes d’Airparif, l’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air en région parisienne, servent aussi de signal pour commencer à se prémunir de la pollution.

Quels sont les lieux à éviter?

Les grands axes routiers sont les plus à risques. «Il est recommandé de ne pas prendre sa voiture car l'habitacle d'un véhicule est l'endroit où l'on respire le plus de particules, deux fois plus qu’un piéton en moyenne.Si on est contraint de le faire, il vaut mieux éviter d’ouvrir sa fenêtre. Il faut aussi réduire sa vitesse et éviter les freinages et accélérations brusques, qui multiplient l'émission de polluants», conseille l’allergologue. Les piétons doivent éviter de se déplacer à proximité des routes très fréquentées. Les enfants circulant en poussette à ras des pots d’échappement, il est aussi impératif «de les éloigner le plus possible des trottoirs», insiste le médecin.

Quels sont les activités à proscrire?

«En premier lieu, il ne faut pas faire du sport à l’extérieur (jogging, vélos, marche active…) afin d’éviter de s’ouvrir les bronches et de trop s’exposer à ces pollutions», déclare de docteur Hordé. A éviter aussi: les travaux domestiques. «Car la peinture et les solvants vont aggraver les réactions du corps face à la pollution», précise le médecin. Sans surprise, le fait de fumer en période de forte pollution est encore plus nocif. L’allergologue conseille aussi de «moins chauffer les domiciles et de les aérer le matin et le soir plutôt qu’en journée».

Faut-il porter un masque dans la rue?

«Inutile, selon Pierrick Hordé, car ils laissent passer les particules fines». Mais une fois rentrés chez soi si on ressent de la gêne, «il est conseillé de se laver les yeux et le nez avec du sérum physiologique. En revanche, prudence concernant l’usage des huiles essentielles et autres produits servant lors des inhalations, qui peuvent irriter, plus que soulager», conclut l’allergologue.