La folie panda s'empare de la Belgique

David Blanchard

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Un des deux pandas arrivés au zoo de Beauval en janvier 2012.
Un des deux pandas arrivés au zoo de Beauval en janvier 2012. — J.Duron / 20 Minutes

Le premier ministre Elio Di Ruppo pour les accueillir, 120 journalistes accrédités, un live sur les sites d’informations pour suivre en direct leur arrivée… C’est une véritable folie collective qui s’est emparée de la Belgique pour… deux pandas.

Les deux animaux sont prêtés par la Chine, pour 15 ans, et ils seront hébergés dans un parc animalier. Hao Hao est une femelle de quatre ans dont le nom signifie «Gentille», et Xing Hui («Étoile scintillante»), un mâle du même âge. Après une brève cérémonie d'accueil, le couple de pandas originaires de Chengdu, dans la province chinoise du Sichuan (sud-ouest), va poursuivre son chemin jusqu'à «Pairi Daiza», un parc privé situé à Brugellette, à quelque 60 km de Bruxelles et 75km de Lille.

8 millions d'investissements dans leur zoo

Là encore, ils ne seront pas visibles à leur arrivée, ont prévenu les responsables de Pairi Daiza. Ils ne seront montrés aux visiteurs qu'en avril ou mai, après une période de quarantaine et d'acclimatation.

Pairi Daiza, une société privée qui a vu son action bondir en Bourse depuis l'annonce du prêt, a investi quelque 8 millions d'euros pour la construction d'installations ultramodernes au sein de son «jardin chinois», avec un espace dédié de 5300 m2, un temple bouddhiste, des milliers de plants de thé, deux enclos et deux chambre intérieures. Sans oublier les plants de bambou chinois, nourriture préférée des pandas.

La France avait fait de même en 2012

C'est le Premier ministre chinois Li Keqiang lui-même qui avait annoncé le prêt en septembre, à l'occasion d'une visite en Chine d’Elio Di Rupo. L'affaire avait pris une tournure politique en Belgique, où des élus flamands avaient estimé que le chef du gouvernement, un socialiste wallon, avait utilisé des «moyens diplomatiques» pour donner un coup de pouce à un parc situé à une vingtaine de kilomètres seulement de Mons, son fief électoral.

Très populaires, ces animaux permettent à la Chine de mener une «diplomatie du panda», consistant à prêter ces mamifères aux pays amis. En France, le parc de Beauval (Loir-et-Cher) héberge ainsi un couple de panda depuis 2012 : Yuan Zi (Rondouillard) et Huan Huan (Joyeuse). Rien de gratuit pour autant. Le transfert en France a coûté 750 000 euros, et un don d'un million et demi d'euros a été fait à l'association chinoise des zoos. A l’époque, c’est le ministre du travail français, Maurice Leroy, qui avait accueilli en grandes pompes les ursidés.

 

 

Depuis, la fréquentation du zoo a doublé, passant à plus d'un million de visiteurs en 2012.