Image d'archive du site nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin, où plusieurs dizaines de militants de Greenpeace sont entrés mardi matin. Photo prise le 14 novembre 2013
Image d'archive du site nucléaire de Fessenheim dans le Haut-Rhin, où plusieurs dizaines de militants de Greenpeace sont entrés mardi matin. Photo prise le 14 novembre 2013 — Sebastien Bozon AFP

Planète

Nucléaire: EDF détaille les coûts de son «grand carénage»

Un responsable d'EDF a détaillé jeudi les coûts du plan de "grand carénage" de l'énergéticien, qui prévoit de mener pour 55 milliards d'euros de travaux de maintenance sur ses 58 réacteurs français à l'horizon 2025.

Un responsable d'EDF a détaillé jeudi les coûts du plan de "grand carénage" de l'énergéticien, qui prévoit de mener pour 55 milliards d'euros de travaux de maintenance sur ses 58 réacteurs français à l'horizon 2025.

Sur cette enveloppe, 10 milliards d'euros concernent des investissements de mise aux normes des centrales après la catastrophe de Fukushima, en 2011 au Japon, a expliqué Dominique Minière, directeur délégué à la direction Production-Ingénierie d'EDF lors d'une audition devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la filière nucléaire.

Vingt autres milliards d'euros d'investissements sont également prévus pour améliorer la sûreté des réacteurs, "lors des arrêts de tranche, et notamment des visites décennales" menées par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a-t-il ajouté.

Quinze milliards sont consacrés à "la maintenance lourde des grands composants" et 10 milliards "au titre d'autres projets patrimoniaux (environnement, risque incendie, risque grand chaud-grand froid)".

Le responsable a rappelé la volonté d'EDF d'étendre la durée de vie de ses centrales au-delà de 40 ans.

"La plupart des grosses opérations auront été menées d'ici 2025", a-t-il indiqué.

"Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres opérations à mener derrière, notamment sur des réacteurs de 1.300 mégawatts, qui sont un petit peu plus jeunes.

Elles seront "plutôt à faire autour de 35-40 ans" de durée de vie pour ces réacteurs, au nombre de 20 en France, contre "25-30 ans" pour les 34 réacteurs de 900 mégawatts, de génération plus ancienne.

Interrogé plus tôt jeudi par la commission d'enquête, le président de l'ASN Pierre-Franck Chevet a toutefois affirmé que l'autorisation du fonctionnement des réacteurs français après 40 ans n'était "pas acquise".

Les discussions sur cette prolongation ont déjà débuté avec l'exploitant EDF, qui doit remettre ses propositions à l'ASN.

"Nous estimons qu'on sera en mesure d'émettre un premier avis en 2015; l'avis final générique pourrait intervenir en 2018 ou 2019, sachant que de toutes manières nous serons ensuite amenés à nous prononcer réacteur par réacteur", a dit M. Chevet.