Japon: Un plan d’évacuation en cas d’éruption du Mont Fuji

MONDE Jusqu’à 1,2 million de personnes pourraient être concernées...

Mathias Cena

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Lever de soleil sur le Mont Fuji.
Lever de soleil sur le Mont Fuji. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Que se passerait-il en cas d’éruption du mont Fuji? Le cône de 3.776 m, sujet d’estampes et fierté du Japon, qui peut être admiré par temps clair depuis Tokyo, à 100km de là, est un lieu de promenade escaladé quotidiennement par 10.000 personnes pendant l’été, et classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis juin dernier.

Mais c’est aussi un stratovolcan toujours en activité, surveillé de près par les scientifiques. Les autorités de trois préfectures japonaises planchaient donc depuis plusieurs mois sur un plan d’évacuation à grande échelle, qui a été adopté jeudi.

Le plan prévoit en cas d’éruption l’évacuation de 750.000 personnes dans les préfectures de Shizuoka et Yamanashi, sur lesquelles le mont Fuji est à cheval, pour les mettre à l’abri d’éventuelles coulées de lave et d’écoulements pyroclastiques (un mélange de gaz volcaniques, de vapeurs d’eau et de particules solides à plusieurs centaines de degrés). Ces coulées pyroclastiques pourraient être particulièrement dévastatrices si elles se mélangent à de la neige, très abondante sur le mont Fuji de février à avril, dont la fonte brutale provoquerait des coulées de boues.

La dernière éruption remonte à 1707

Non loin de là, 470.000 personnes supplémentaires, résidant dans la préfecture voisine de Kanagawa (attenante à Tokyo), pourraient également être concernées, à cause des cendres volcaniques qui pourraient se retrouver dans l’air dans une zone de 60 kilomètres autour du volcan, comme l’expliquait ce vendredi matin la télévision japonaise. D’après les documents sur l’éruption de 1707, il pourrait tomber plus d’une trentaine de centimètres de cendres dans ce périmètre. Au total, ce sont donc plus de 1,2 million de personnes qui pourraient être déplacées.

La dernière éruption, en 1707, avait duré deux semaines, couvrant les champs de cendres et obscurcissant le ciel jusqu’à Tokyo, qui s’appelait à l’époque Edo. Cette éruption avait été provoquée par un tremblement de terre de magnitude 8,6 survenu 49 jours plus tôt.

C’est ce même scénario qui pourrait se reproduire. Les chercheurs de l’Institut des sciences et technologies industrielles avancées estimaient, dans un rapport de juillet dernier, qu’une secousse sismique suffisamment forte pourrait provoquer une nouvelle éruption, notant que la pression dans la chambre magmatique montait depuis 300 ans.