L'Union européenne rejette l'interdiction de la pêche profonde

PLANETE Les parlementaires se sont prononcés sur un compromis encadrant cette pêche controversée...

Audrey Chauvet

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Le Jean-Claude Coulon II, chalutier hauturier de la flotte de la Scapêche, le 21 novembre 2013 à Lorient.
Le Jean-Claude Coulon II, chalutier hauturier de la flotte de la Scapêche, le 21 novembre 2013 à Lorient. — A.Chauvet / 20 Minutes

Les pétitions et les bandes-dessinées n’ont pas eu raison du Parlement européen: à l’issue d’un vote serré, les eurodéputés ont rejeté l’interdiction du chalutage en eaux profondes. Le compromis qui avait été dégagé par les membres conservateurs et socialistes de la commission de la Pêche du parlement, se limitant à encadrer le chalutage profond pour protéger les écosystèmes les plus vulnérables, a été largement soutenu.

«Mépris de l’opinion publique» ou «voie de la raison»?

Pour Claire Nouvian, de l’association Bloom, farouchement opposée à la pêche en eaux profondes, ce vote a été fait dans un «mépris total de l’opinion publique et de la science»: «Avant, je me battais pour trouver un équilibre entre une pêche économiquement viable et un impact écologique acceptable, maintenant je me battrai contre cette façon irrationnelle et insultante pour les citoyens d’utiliser des stratagèmes vicieux», déclare-t-elle. Grâce au ralliement à sa campagne de Pénélope Bagieu, dont une bande dessinée a fait le buzz, Bloom avait recueilli plus de 750.000 signatures pour l'interdiction du chalutage.

Du côté des pêcheurs, ce vote est une revanche appréciée contre les attaques des associations: «Bien avant les attaques stériles et caricaturales de certaines ONG, le travail des députés européens de la commission pêche avait abouti à des propositions mesurées qui n'interdisaient pas mais encadraient plus strictement l'activité de pêche profonde. Les parlementaires européens ont choisi les voies de la raison, de l'intelligence et du courage», a déclaré Gérard Romiti, Président du Comité National des pêches maritimes et des élevages marins.

La Scapêche, l’armement du groupe Intermarché visé particulièrement par les campagnes des ONG, dit vouloir aller plus loin que le texte voté au Parlement en s’engageant à «tout mettre en œuvre pour ne pas cibler systématiquement les espèces de grands fonds», déclare son directeur général  Fabien Dulon. Celles-ci pourront cependant figurer parmi les prises accessoires mais l’armement des Mousquetaires dit vouloir «réorienter ses activités vers d’autres espèces ».