France: moins de pesticides dans les champs en 2012

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L'usage des produits phytosanitaires a baissé de près de 6% entre 2011 et 2012, les agriculteurs réussissant enfin "à inverser la courbe", a annoncé lundi le ministre de l'Agriculture lors d'une conférence de presse, à l'occasion du point d'étape annuel du plan Ecophyto.
L'usage des produits phytosanitaires a baissé de près de 6% entre 2011 et 2012, les agriculteurs réussissant enfin "à inverser la courbe", a annoncé lundi le ministre de l'Agriculture lors d'une conférence de presse, à l'occasion du point d'étape annuel du plan Ecophyto. — Philippe Huguen AFP

L'usage des produits phytosanitaires a baissé de près de 6% entre 2011 et 2012, les agriculteurs réussissant enfin «à inverser la courbe», a annoncé lundi le ministre de l'Agriculture lors d'une conférence de presse, à l'occasion du point d'étape annuel du plan Ecophyto.

«On a inversé la courbe et de manière sérieuse alors que les conditions météo n'étaient pas forcément favorables», a expliqué Stéphane Le Foll. Pour lui «ce sont des résultats encourageants, même si nous ne sommes pas au bout de l'objectif».

Depuis la mise en place de l'indicateur en 2009, le recours aux phytosanitaires ne cessait d'augmenter. En 2011, il avait encore progressé de 2,5%.

En 2012, il a baissé pour la première fois de 5,7%, de 11% rien que pour les insecticides et herbicides même si l'usage de fongicides a augmenté de 6%.

Le plan Ecophyto, lancé en 2008 après le Grenelle de l'Environnement, vise à réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici 2018. Néanmoins, le gouvernement socialiste a pris ses distances avec cet objectif chiffré, estimant qu'il valait mieux encourager de nouvelles pratiques agroécologiques plutôt que de fixer un chiffre difficile à atteindre.

L'enjeu, c'est de prendre l'expérience des pionniers de l'agroécologie et «faire en sorte que ça se diffuse», a expliqué Stéphane Le Foll.

En un an, le réseau des 1.900 fermes dites Dephy, qui visent à expérimenter des techniques économes en produits phytopharmaceutiques, ont identifié 90 systèmes de culture économes et performants. Les options alternatives aux pesticides (lutte intégrée, bio-contrôle, désherbage mécanique, filets anti-insectes, etc.) sont également de plus en plus utilisées.

Et «face aux géants de la chimie, il faut qu'on crée des géants du bio-contrôle», a plaidé Stéphane Le Foll.

Pour France Nature Environnement (FNE), la réduction de 2012 «est trop modeste pour être considérée comme un progrès significatif» et «ce sont, chaque année, environ 80 millions de doses de pesticides qui sont épandues sur nos champs, puis dispersées dans le sol, dans l’eau, dans l’air», rappelle la fédération dans un communiqué.

Pour réduire efficacement l'usage des pesticides, FNE demande «la mise en place d'une incitation financière sous la forme d'un bonus-malus sur les pesticides, et la création d'un conseil stratégique aux agriculteurs indépendant de la vente de pesticides, à l'instar de la séparation qui existe entre un médecin et un pharmacien».

Lors du précédent point d'étape du plan en 2012, le ministre avait laissé entendre qu'il envisageait de mettre en place une fiscalité incitative. Lundi, après l'épisode désastreux dans les milieux agricoles de l'écotaxe, il a balayé cette possibilité. «Je suis extrêmement déterminé à ne pas rentrer, pour régler les grands problèmes d'écologie, dans des problèmes de fiscalité».

L'ONG Générations Futures «se félicite» quant à elle dans un communiqué «des signes encourageants mais souligne des difficultés avec les fongicides qui montrent qu'on doit aller plus loin dans la mise en place de systèmes robustes de type production intégrée et bio avec des variétés sélectionnées résistantes aux maladies ainsi qu’une simplification des autorisations de mise sur le marché des produits de bio-contrôle».