Mon sapin de Noël est-il si vert que ça?

NOEL Acheter un sapin de Noël, est-ce bien écologiquement correct?...

Audrey Chauvet

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Une pépinière produisant des sapins de Noël dans la Loire.
Une pépinière produisant des sapins de Noël dans la Loire. — FAYOLLE PASCAL/SIPA

Que serait Noël sans l’odeur de résine et les guirlandes colorées? Pour les Français, l’achat d’un sapin reste incontournable: plus de 6,5 millions d’arbres ont été vendus en 2012 et la crise n’a pas fait reculer cet achat traditionnel. Mais les sapins de Noël sont-ils vraiment un cadeau pour la planète?

Naturel ou artificiel?

Le sapin en plastique n’a pas tellement la cote en France, avec seulement 15% des ventes en 2012. C’est une bonne nouvelle pour l’environnement: selon une analyse du cycle de vie des sapins réalisée par un cabinet canadien en 2009, un arbre naturel produit 3,1kg de gaz à effet de serre de sa naissance à sa mort, principalement durant son transport, tandis qu’un arbre artificiel en émet 8,1kg par an. Fabriqué en plastique, le plus souvent en Asie, et non recyclable, le sapin artificiel n’arrive pas à compenser ses émissions de CO2 par sa réutilisation d’une année sur l’autre: selon le cabinet Ellipsos, il faudrait le conserver vingt ans pour que ses émissions de CO2 annuelles soient égales à celles d’un sapin naturel. Or, en France, un sapin artificiel n’est utilisé en moyenne que pendant trois ans.

Noël sans déforestation

On imagine déjà des tronçonneuses ravager de splendides forêts de conifères… Il n’en est rien: les sapins naturels vendus en France sont issus de plantations. «La culture du sapin de Noël est une culture agricole et n’a rien à voir avec les problématiques forestières», rappelle l’Association française du sapin de Noël naturel (AFSNN). Les sapins importés, en majorité les Nordmann du Danemark, poussent aussi à 80% dans des exploitations agricoles.

D’où vient mon sapin?

80% des sapins vendus en France y ont été cultivés, majoritairement dans le Morvan ou en Franche-Comté. Selon l’AFSNN, les plantations de sapin représentent environ 5.000 hectares dans l’Hexagone, dont 70% de cultures de Nordmannn, appréciés pour leur résistance et leur densité, et 30% d’épicéas, plus odorants. «L’origine française est clairement indiquée par un drapeau sur les sapins», précise Frédéric Naudet, président de l’AFSNN. Certaines régions se sont même dotées de labels pour certifier l’origine des arbres, comme «Légende du Morvan» et «Marque Savoie».

Existe-t-il des labels écolos?

Il n’y a pas de label spécifique pour les sapins, mais certains comme Plante bleue s’appliquent à toute la filière horticole. «Cela inclut des contrôles sur l’utilisation des produits phytosanitaires, un suivi des cultures, du stockage des produits, le désherbage mécanique…», détaille Frédéric Naudet. Mais le sapin bio reste une rareté: «La qualité de ce qui est obtenu n’est pas conforme aux attentes des clients qui veulent des arbres bien formés», commente le président de l’AFSNN.

Que faire de mon sapin une fois les fêtes finies?

Pour pouvoir replanter un sapin après Noël, mieux vaut le choisir en pot et en prendre soin pendant les fêtes: ne pas le placer près d’une source de chaleur, ne pas le charger de décorations trop lourdes et l’arroser avec parcimonie. S’il est en trop mauvais état pour être replanté ou par manque de place, il faut apporter son sapin à la déchetterie où il sera transformé en copeaux ou en engrais. Des collectes de ramassage dédiées aux sapins sont organisées dans la plupart des grandes villes. Les célèbres sacs à sapin vendus au profit de Handicap International sont biodégradables et compostables et ne gênent donc pas le processus de transformation du sapin en engrais.

Adopte un sapin

Michel, Edgar, Arnold ou Georges? Pour la seconde année, Treezmas propose d’adopter un sapin. Cultivés dans le Morvan, ils sont livrés à domicile avec des accessoires et un carnet de soin, puis récupérés après les fêtes pour être replantés ou revalorisés en copeaux. Pratique pour les citadins. «Les sapins ont tous un prénom et une histoire, explique Rémy Rousset, cofondateur de Treezmas. Nous avons été très surpris l’an dernier par l’attachement très fort des gens pour leur sapin, nous les avons récupérés en très bonne forme.»