Carlos Moreno: «La ville de demain se construit dès aujourd'hui»

INTERVIEW Carlos Moreno, expert de la ville «intelligente», interviendra durant le festival Sciences Frontières les 22 et 23 novembre à Marseille...

Propos recueillis par Audrey Chauvet

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Carlos Moreno, expert en urbanisme.
Carlos Moreno, expert en urbanisme. — DR

Faire le tour du monde en 24h des initiatives écologiques et des découvertes scientifiques: le défi du festival Sciences Frontières, créé par Jean-Yves Casgha, va à nouveau être relevé les 22 et 23 novembre prochains. Basé à Marseille, le festival donnera la parole à une centaine d’intervenants au fil des fuseaux horaires, dont Carlos Moreno, conseiller scientifique chez Cofely Ineo (Groupe GDFSUEZ) et expert en ville «durable».

Vous allez animer une conférence sur les villes du futur: qu’auront-elles de différent avec les villes actuelles?

La ville de demain sera capable de proposer aux citoyens des conditions de vie plus harmonieuses qu’aujourd’hui dans une période ou les ressources énergétiques de la planète peuvent mettre en difficulté la manière de vivre ou de se déplacer. Elle construira des relations différentes entre l’homme et son habitat, plus respectueuses de l’environnement. La ville de demain est aussi une manière de concevoir la relation entre les hommes eux-mêmes: les écoquartiers ou les bâtiments à énergie positive évoquent une manière de vivre plus respectueuses de la planète, loin de la débauche de consommation énergétique et de consommation tout court.

Concrètement, à quoi ressemblera la ville de demain?

La ville de demain n’est pas une démarche de prospective, elle se construit dès aujourd’hui. On doit travailler avec chaque ville dans son propre contexte culturel et géographique. A Paris, on a commencé à transformer le rapport à la voiture avec la mobilité électrique et des véhicules partagés, mais à Rio de Janeiro, les gens qui font partie de la classe moyenne émergente veulent leur propre voiture car c’est un signe visible de leur statut social. C’est pour ça que je plaide non pas pour la ville intelligente mais pour la ville au service des citoyens.

En quoi la technologie peut-elle changer les villes?

La révolution numérique permet une grande connectivité des humains et des objets: en 2030, il y aura trois fois plus d’objets connectés que d’humains. Les usages dans la ville vont donc se transformer: pour l’éducation, on a déjà des cours en ligne, pour la santé, on pourra aller vers une médecine personnalisée et préventive… Il ne s’agit pas de dire que les voitures vont voler ou que mon téléphone pourra prédire quand je vais tomber malade mais cela amène dans la ville une composante de connectivité capable de se mettre au service de nouveaux usages et services.