Climat: une partie de l'aide au Sud est de l'argent recyclé

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Les pays riches ont déclaré avoir versé 35 milliards de dollars entre 2010 et 2012 pour aider ceux du Sud à faire face au réchauffement, des montants supérieurs aux promesses mais qui correspondent en partie à de l'argent recyclé, indique une nouvelle étude.
Les pays riches ont déclaré avoir versé 35 milliards de dollars entre 2010 et 2012 pour aider ceux du Sud à faire face au réchauffement, des montants supérieurs aux promesses mais qui correspondent en partie à de l'argent recyclé, indique une nouvelle étude. — Janek Skarzynski AFP

Les pays riches ont déclaré avoir versé 35 milliards de dollars entre 2010 et 2012 pour aider ceux du Sud à faire face au réchauffement, des montants supérieurs aux promesses mais qui correspondent en partie à de l'argent recyclé, indique une nouvelle étude.

Dans cette étude, datée de novembre, les think tank ODI et World research institute (WRI) et the Institute for Global Environmental Strategies (IGES) ont examiné les contributions annoncées par 37 pays et plus précisément celles des cinq principaux bailleurs: Allemagne, Japon, Norvège, Royaume-Uni et Etats-Unis (80% du financement).

Les pays développés s'étaient engagés à la conférence climat de Copenhague fin 2009 à mobiliser 30 milliards de dollars en 2010, 2011 et 2012 pour aider les pays en développement. Ces financements d'urgence, baptisés «fast start finance», devaient être «neufs ou additionnels».

Les fonds mobilisés, tels qu'annoncés par les différents pays, s'élèvent à 35 milliards de dollars mais «seule une partie limitée est additionnelle», selon l'étude.

«Bien que les pays développés aient augmenté leurs dépenses liées au climat durant cette période, nombre d'entre eux ont rapporté comme des financements +fast start+ des programmes ou financements déjà budgétisés avant cette période», poursuit le texte.

L'étude n'avance pas de chiffre précis sur la partie recyclée de ces financements. «Nous avons décidé de nous abstenir dans la mesure où il n'y a pas de définition qui fasse consensus» sur ce qu'est une aide «additionnelle», a expliqué mardi à l'AFP l'un des auteurs du rapport, Taryn Fransen du WRI.

Cet argent devait être réparti «de manière équilibrée entre l'adaptation» aux impacts du changement climatique et «l'atténuation» des émissions de gaz à effet de serre. Or, selon cette étude, seuls 17% des fonds ont été dirigés vers des mesures d'adaptation.

A Copenhague, les pays industrialisés se sont également engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à l'horizon 2020 pour les pays en voie de développement.

Il s'agit d'un des principaux points de crispation lors des négociations internationales sur le climat, dont un nouveau round a démarré lundi à Varsovie. Les pays du Sud, ne voyant encore rien de concret sur ces fonds, craignent que les pays du Nord se dérobent à leurs engagements.