Eoliennes et patrimoine: l'Unesco veut «un équilibre»

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L'Unesco souhaite qu'"un équilibre" soit trouvé entre le développement des parcs éoliens et la protection du patrimoine, a déclaré mardi la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.
L'Unesco souhaite qu'"un équilibre" soit trouvé entre le développement des parcs éoliens et la protection du patrimoine, a déclaré mardi la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova. — Philippe Huguen AFP

L'Unesco souhaite qu'«un équilibre» soit trouvé entre le développement des parcs éoliens et la protection du patrimoine, a déclaré mardi la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.

«Au début, il y avait beaucoup d'enthousiasme pour ces constructions en oubliant un peu le côté patrimonial : maintenant tout le monde en est conscient», a dit Mme Bokova lors d'une conférence de presse à l'issue de sa réélection formelle pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête de l'Unesco.

«Il y a un débat très vif au sein du Comité du Patrimoine Mondial» de l'agence onusienne sur l'impact des éoliennes, a souligné Mme Bokova. «Nous savons très bien qu'il y a beaucoup de pressions sur le patrimoine». «On parle d'énergie renouvelable : comment équilibrer ces deux défis ?», a ajouté Mme Bokova.

«C'est la difficulté et aussi l'objectif de cette réflexion au sein du Comité du patrimoine mondial», a-t-elle poursuivi, se disant «sûre qu'on trouvera par différents moyens cet équilibre».

L'Unesco, voyant menacé le Mont Saint-Michel, a récemment exigé l'établissement d'une zone d'exclusion de 20 kilomètres autour de ce site classé au patrimoine mondial, dépêchant même sur place une mission, ce qui a constitué une première.

Une bataille sans précédent pour la protection des paysages, menacés par l'avancée des parcs éoliens, a lieu en Europe et en particulier à travers la France des monuments et sites classés, première destination touristique mondiale, où 50% des dossiers font l'objet de recours devant les tribunaux.

La Compagnie du Vent (Groupe GDF-Suez) vient ainsi d'être condamnée à démolir dix éoliennes installées autour d'un château du XVIIIe siècle à Flers (nord), en raison du «préjudice esthétique de dégradation de l'environnement résultant d'une dénaturation totale d'un paysage bucolique et champêtre».

Il y a en France plus de 43.000 monuments et sites classés pour 4.000 éoliennes réparties sur 1.127 sites. Or, l'Etat voudrait multiplier leur nombre par trois d'ici 2020, un objectif qui inquiète les défenseurs du patrimoine.