Ecotaxe: Nicolas Hulot «un gâchis incroyable» et «un manque de vision absolu»

ENVIRONNEMENT Pour l'écologiste, la mesure a été mal expliquée...

avec AFP

— 

Nicolas Hulot au siège de sa fondation à Boulogne, le 19 avril 2013.
Nicolas Hulot au siège de sa fondation à Boulogne, le 19 avril 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Nicolas Hulot a estimé jeudi qu'il y avait eu «un gâchis incroyable autour de l'écotaxe», une mesure issue du Grenelle de l'environnement, votée en 2009 et reprise à son compte par l'actuel gouvernement avant de la suspendre. «Il y a eu un gâchis incroyable autour de l'écotaxe, un gâchis qui s'inscrit dans un manque de vision absolu», a estimé Nicolas Hulot lors d'une conférence de presse de plusieurs ONG sur les négociations sur le climat, avant le rendez-vous annuel des Etats, à Varsovie (11-22 novembre).

«Qui a expliqué que l'écotaxe en Bretagne pouvait avoir comme finalité de relocaliser une partie de l'économie? (...) Qui a inscrit cela dans le cadre de la lutte contre le changement climatique?», a  demandé le président de la Fondation qui porte son nom. «Les mêmes qui ont défendu l'écotaxe à l'époque, au mieux ne l'ont pas soutenu, au pire l'ont critiqué», a-t-il déploré. «C'est un gâchis car cela avait fait l'objet d'un consensus, fruit du Grenelle, avec une concertation intelligente entre les différents partenaires, le Medef, les syndicats, les ONG, les collectivités territoriales», a-t-il rappelé.

«Il n'y a eu aucune pédagogie»

«Comme il n'y a eu aucune pédagogie, ça a été affiché comme un impôt de plus, sans vision sur la vertu de tout cela», a estimé l'envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète. «C'est donc un gâchis d'intelligence collective et aussi car cela coute 800 millions d'euros à la collectivité», a-t-il ajouté. Interrogé sur la devenir de ce prélèvement, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2014 après avoir déjà été reporté à plusieurs reprises, Nicolas Hulot a jugé qu'il était «urgent de remettre les choses à plat et de revenir avec une réforme en profondeur».

«Il faut revenir non pas par une taxe, mais avec une visibilité sur à quoi pourrait ressembler la fiscalité demain: plutôt que de taxer le travail, taxer les revenus non issus du travail, taxer les prélèvements énergétiques et de ressources naturelles, taxer la pollution, chacun peut comprendre cela», a-t-il avancé. «Il faut une réforme fiscale beaucoup plus en profondeur, non pas vers une fiscalité environnementale additionnelle mais qui vient se substituer graduellement à l'existante», a-t-il expliqué.