L'économie circulaire, un concept à se repasser en boucle

FESTIVAL DU VENT Le Festival du Vent 2013 y consacre l'une des ses conférences, preuve que le sujet est dans l'air du temps. Mais qui sait vraiment ce que cela signifie?...

Virginie Tauzin

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Une ressourcerie à Paris.
Une ressourcerie à Paris. — Virginie Tauzin

« Il y a encore un gros flou sur cette notion, confirme le philosophe Dominique Bourg. Et pourtant, c’est l’un des plus gros défis de notre époque. » Partant du principe de Lavoisier selon lequel « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », relayée lors du Grenelle de l’environnement en 2007, l’économie circulaire est un modèle économique qui considère qu’un produit n’a pas vocation à devenir déchet, mais à se transformer en matière première pour en devenir un autre et revêtir une nouvelle utilité. Tandis que le système linéaire consiste à extraire, fabriquer, consommer puis jeter, l’économie circulaire, elle, se résume en 4R : réduire, réutiliser, refabriquer, recycler. La boucle est bouclée.

Au premier geste est le tri

Comment faire en sorte que cela fonctionne ? Dans le dispositif, chaque acteur a son rôle à jouer : les entreprises s’engagent à réduire leurs emballages, les consommateurs placent leurs déchets dans les poubelles adéquates, les collectivités mettent à disposition des bacs de tri et se chargent de les collecter, et les centres de tri séparent les emballages selon les matériaux. Les filières de recyclage assurent ensuite la vente de la matière première à des entreprises qui vont leur donner une nouvelle vie. « L’économie circulaire, c’est avant tout un esprit de partage et de proximité. S’il n’y a pas de proximité, il n’y a pas de circularité », explique Eric Brac de la Perrière, président-fondateur d’Eco-emballages, à l’origine du point vert sur les emballages, qui rappelle que le premier geste est celui du tri : « Un déchet non trié ne sera pas récupérable et perturbera fortement la chaîne de tri. » Reste à ce que chaque protagoniste de la chaîne considère l’urgence de la situation. « Il est nécessaire que tout le monde s’accorde sur les mêmes indicateurs économiques, sociaux et environnementaux pour décider de changer les comportements », poursuit Eric Brac de la Perrière.

Un gisement de ressources

Aujourd’hui, avec 67% de taux de recyclage sur les déchets ménagers - le reste finit en incinérateur ou à la décharge -, la liaison semble plutôt bien assurée. Parmi eux, le verre est recyclé à hauteur de 80%, mais sur le plastique, ça pèche : seuls 23 % de l’ensemble des matières plastiques est recyclée, dont 50% pour les bouteilles. « La moitié des bouteilles en plastique partent dans la mauvaise poubelle. Recyclez-les et ce sera un gisement de ressources économiques considérable », conseille le pdg d’Eco-emballages. En 20 ans, la filière recyclage a déjà crée de nombreuses entreprises et environ 28 000 emplois.

Quid des déchets industriels, toxiques et chimiques ? Dans un modèle d’économie circulaire, les entreprises tiendraient compte de la faible disponibilité des ressources, seraient sobres en carbone et en énergies non renouvelables et permettraient un traitement propre de leurs déchets, soit en recyclant pour en retirer un nouveau matériau, soit en empêchant une pollution de l’air et des sols. En terme d’écologie industrielle, les écoparcs, ces zones d’activités à gestion durable, se développent en France. Même si la route est encore longue, la chasse au gaspillage est en marche.