Eric Brac de la Perrière: «Quand un emballage n'est pas nécessaire, il ne faut pas qu'il existe»

INTERVIEW Eric Brac de la Perrière, directeur général d'Eco-emballages, est au Festival du vent pour saluer le succès de l'opération «Halte aux sacs plastiques» en Corse...

Propos recueillis par Virginie Tauzin

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Eric Brac de la Perrière, président d'Eco-emballages.
Eric Brac de la Perrière, président d'Eco-emballages. — DR

Comment est née l’opération «Halte aux sacs plastiques» en Corse?

Rien n’est plus désolant que de voir un rivage jonché d’emballages et de sacs plastiques. En 2003, la Corse a décidé de réduire la distribution de plastique. Quand un emballage n’est pas nécessaire, il ne faut pas qu’il existe. Les sacs plastiques ont cessé d’être distribués dans les enseignes de la grande distribution. On est ainsi passé de 15 milliards de sacs distribués en 2003 à moins d’un milliard en 2010. Sachant que 450 années sont nécessaires pour qu’un plastique souple se décompose, c’est une grande avancée.

Qu’est ce qui a fait son succès?

La concertation entre les acteurs a été déterminante : collectivités, entreprises de la grande distribution, associations et consommateurs ont eu une volonté commune d’agir pour réduire la prolifération du plastique. Tous ont des cultures différentes et pourtant ils se sont alliés. Et tout cela sans décision légale ! C’est un bel exemple d’économie circulaire. Pour les consommateurs, cela a demandé un gros travail de sensibilisation mais maintenant, tout le monde vient au supermarché avec son cabas.

C’est un modèle à exporter?

Bien sûr. Personne n’a envie d’aller sur une plage souillée. La propreté est bénéfique pour le tourisme. Or toutes les zones côtières sont impactées par le problème du plastique, les îles en particulier. Il faudra agir en ce sens. Il y a déjà un grand progrès fait dans les campings, où Eco-emballages est parvenu à doubler le taux de recyclage en les incitant à investir dans des structures ou à inviter les vacanciers à trier.