Pyrénées: vers des déplacements d'ours «de manière exceptionnelle»

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La population d'ours dans la chaîne pyrénéenne, menacée de disparition dans les années 90, a depuis été sauvée par des introductions d'ours slovènes entre 1996 et 2006
La population d'ours dans la chaîne pyrénéenne, menacée de disparition dans les années 90, a depuis été sauvée par des introductions d'ours slovènes entre 1996 et 2006 — Guillaume Bonnaud AFP

Le ministre de l'Ecologie Philippe Martin a confirmé vendredi à l'AFP que des mesures d'«effarouchement» ou de «déplacement» des ours pourraient être prises dans les Pyrénées, «de manière exceptionnelle», notamment quand la présence répétée d'un ours près d'un élevage suscite de vives tensions.

En visite au congrès de l'Association nationale des élus de montagne (ANEM) à Cauterets (Hautes-Pyrénées), jeudi, le ministre avait publiquement déclaré: «Des soutiens publics sont mis en place en vue de financer la protection des troupeaux, surtout par le renforcement du gardiennage. Mais ponctuellement, et même si elles ne sont pas la règle, des interventions plus importantes, d'effarouchement, de déplacement (des animaux, ndlr), auront lieu si elles sont nécessaires, j'en prends l'engagement ici».

Son annonce a suscité l'indignation vendredi de deux associations de protection de l'ours qui se sont déclarées «stupéfaites et scandalisées».

Le ministre a regretté que ces associations n'aient retenu qu'une partie de son discours, dans lequel il avait d'abord rappelé que «l'ours est une espèce protégée» et qu'on n'en compte plus qu'une «vingtaine» de représentants dans les Pyrénées. «Mon objectif, celui du gouvernement, est tout à la fois d'assurer la conservation de l'espèce et de rendre possible sa cohabitation avec les activités humaines, en particulier l'élevage», avait-il publiquement déclaré.

Vendredi, M. Martin a précisé à l'AFP: «nous avons la possibilité, de manière exceptionnelle, de prendre des mesures d'effarouchement ou même de déplacement de l'animal, quand la tension est très très forte, notamment du fait de la présence répétée d'un ours à proximité d'un élevage ou de maisons. (...) Les préfets ont la possibilité de prendre ces mesures et elles pourront être à nouveau prises».

M. Martin a défendu une approche «pragmatique», en disant: «Tout en tenant bon sur la ligne de protection de l'ours, je veux être, aussi, à l'écoute des éleveurs qui vivent dans la montagne (...) Leurs angoisses ne sont pas infondées».

Les associations Ferus et Pays de l’Ours – Adet ont, dans un communiqué commun, considéré comme un «faux-pas» cette «première prise de position»de M. Martin à propos de l'ours, en l'accusant d'avoir accédé «aux demandes les plus extrêmes d’un lobby anti-environnemental».

«Les mesures annoncées sont illégales, irréalistes et inefficaces», ont jugé ces associations selon lesquelles «de précédents arrêtés d'effarouchement avaient été traduits devant le Tribunal administratif par les associations».