Nucléaire: Martin assure que la décision sur la prolongation de 10 ans n'est pas prise

ENERGIE «Ce ne sont pas les commissaires aux comptes d'EDF qui déterminent et détermineront la politique énergétique de la France», a lancé le ministre...

avec AFP

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La centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), en novembre 2011
La centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), en novembre 2011 — LIONEL BONAVENTURE / AFP

La décision sur la prolongation de 40 à 50 ans de la durée de vie théorique des centrales nucléaires françaises n'a pas été prise par le gouvernement, a assuré mardi le ministre de l'Energie Philippe Martin.

«S'agissant du nucléaire, (les décisions) seront prises sous réserve des avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) (attendus en 2015, NDLR) qui ne s'est pas encore prononcée sur l'aspect (de la) sûreté d'un éventuel prolongement, pas plus que le gouvernement d'ailleurs», a déclaré le ministre à l'Assemblée, en réponse au député EELV Denis Baupin.

«Vous comprendrez que quel que soit le respect que j'ai pour eux, ce ne sont pas les commissaires aux comptes d'EDF qui déterminent et détermineront la politique énergétique de la France», a lancé Philippe Martin.

L'objectif présidentiel confirmé

EDF a demandé au gouvernement de pouvoir amortir ses centrales nucléaires françaises sur 50 ans dans ses comptes financiers, a révélé fin septembre le gouvernement.

Le ministère a précisé à l'AFP que la réponse du ministre signifiait que «dans les deux cas, opérationnel et comptable, les décisions ne sont pas prises». L'étalement de l'amortissement, qui implique que le parc nucléaire pourra effectivement souffler ses 50 bougies, s'avère politiquement délicat: il permettrait mécaniquement d'augmenter les dividendes versés à l'Etat par EDF et donc de lever des ressources pour la transition énergétique, mais risquerait de froisser les alliés écologistes, qui y verraient «une provocation».

Avec une telle prolongation, l'objectif présidentiel (confirmé mardi par Philippe Martin) de ramener la part de l'électricité nucléaire de 75% à 50% d'ici 2025 ne pourrait également être tenu qu'à la condition d'une forte hausse de la consommation d'électricité en France.

Un scénario qui apparaît peu probable et guère conciliable avec les objectifs d'économies d'énergie affichés par ailleurs.

Energies renouvelables

«Les décisions à venir, et dont j'ai seul la charge, seront compatibles» avec les objectifs énergétiques du gouvernement, a toutefois assuré Philippe Martin mardi.

Le ministre a également confirmé la mise à contribution financière du parc nucléaire, annoncée par Jean-Marc Ayrault lors de la conférence environnementale. «Je vous confirme qu'une partie des ressources dégagées par le nucléaire financera ce développement» des énergies renouvelables, a-t-il dit.

Or cette politique serait grandement facilitée si les bénéfices et les dividendes d'EDF étaient augmentés en étalant les amortissements sur 50 ans.

Selon le JDD, la décision est d'ores et déjà prise et le gouvernement n'attend que le bon moment pour l'officialiser, en principe lors d'un conseil de politique nucléaire prévu le 15 novembre.