Montagne: Le flocon vert, un label pour redonner des couleurs aux stations?

ENVIRONNEMENT Ce nouvel écolabel vient de décorer la Vallée de Chamonix et pourrait devenir une référence dans le tourisme durable...

Bertrand de Volontat

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Le massif du Mont Blanc, du côté de la vallée de Chamonix, le 10 septembre 2011.
Le massif du Mont Blanc, du côté de la vallée de Chamonix, le 10 septembre 2011. — AFP PHOTO / BACHELOT

Après le «pavillon bleu» pour les communes et ports de plaisance, la montagne dispose aussi de son label écologique depuis le printemps dernier, «Flocon vert». Un «label qui soutient l’engagement durable des destinations touristiques de montagne», nous explique Laurent Burget, directeur de Mountain Riders, l’association à l’origine du projet avec plus de 70 structures partenaires, dont la fondation Nicolas Hulot.

Ce mardi, la Vallée de Chamonix Mont-Blanc –composée des communes de Servoz, Les Houches, Chamonix et Vallorcine- a reçu ce «flocon vert», rejoignant les deux premières stations labellisées, Les Rousses et la Suissesse Villard, lauréates en avril dernier.

Des politiques pionnières de longue haleine

Trois stations qui se distinguent par leurs actions engagées depuis plusieurs années. «Ces stations durables n’ont pas attendu le label pour se mettre au travail, précise Laurent Burget. Nous sommes là pour mettre en valeur leur politique pionnière de territoire de long terme.» Le label est attribué pour trois ans, avec un audit intermédiaire de vérification, et toutes les destinations touristiques de montagne peuvent candidater.

Pour bénéficier de ce label, tout est passé au crible pour distinguer les destinations touristiques ayant une politique de développement durable de pointe. «La station doit savoir anticiper les transformations climatiques et maîtriser les actions à prendre», poursuit le directeur. Transport, énergie, aménagement, eau, déchets, social, territoires, le tout résumé en 31 critères obligatoires imposés par Mountain Riders. Les trois lauréates ont validé l’ensemble de ces critères.

Attirer un touriste vert qui paiera plus cher

Les Rousses, dans le Jura, a validé les critères, grâce notamment à des actions phares comme le chauffage au bois des bâtiments scolaires et le tri des déchets auprès des acteurs publics et privés par une association employant des personnes en réinsertion. Sa consœur suisse a validé les critères via des initiatives en matière de transports et d’économies d'énergie. Une loi cantonale sur les panneaux solaires facilite leurs installations dans les constructions nouvelles ou existantes, avec à la clé des baisses de consommation sensibles d'énergies fossiles.

Quant à la communauté de communes de Chamonix, elle est le premier territoire des Alpes françaises à avoir engagé un «plan Climat Energie territorial», avec des objectifs d’ici 2020 chiffrés de 20% de réduction de la consommation d’énergie et de 20% des émissions de gaz à effet de serre, et la perspective de couvrir 20% des besoins énergétiques en énergies renouvelables. «Les résultats se verront dans les années à venir», nous explique Sébastien Galy, directeur des actions nationales et internationales de la fondation Hulot.

Les stations espèrent ainsi attirer les touristes responsables, en fort développement ces dernières années. «Le flocon vert doit permettre aux stations d’être valorisée, tout en donnant aux amoureux de la montagne une vision claire sur les destinations exemplaires», assure Laurent Burget. Attention cependant à ne pas créer des stations trop haut de gamme, car toutes ces transformations écologiques ont évidemment un coût, et c’est le vacancier qui soutiendra la mise aux normes et les investissements à travers la majoration des tarifs. «Une véritable préoccupation», à en croire Sébastien Galy. Toutefois, un sondage affirme que 56% des Français sont prêts à payer plus cher pour une destination écologique. Les professionnels ont donc tout intérêt à chercher à décrocher cet écolabel.

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