La Collectivité de Corse veut rétablir la vérité sur le nuage de Tchernobyl

NUCLEAIRE Une enquête vise à prouver une forte augmentation des cancers de la thyroïde après la catastrophe de Tchernobyl en Corse...

avec AFP

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La centrale Tchernobyl accidentée après l'explosion du 26 avril 1986.
La centrale Tchernobyl accidentée après l'explosion du 26 avril 1986. — Capture d'écran 20 Minutes

Le président de la Collectivité territoriale de Corse (CTC), Paul Giacobbi, présente mardi à Paris une «enquête indépendante» sur la forte augmentation dans l'île des maladies de la thyroïde, pourtant toujours niée par les autorités, après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl de 1986.

Face au rejet par la ministre de la Santé Marisol Touraine et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) de cette étude scientifique présentée en juillet à Ajaccio, Paul Giacobbi, député (PRG) de Haute-Corse, en exposera le contenu lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale. Il sera accompagné de la conseillère territoriale (Front de gauche) Josette Risterucci, présidente de la Commission Tchernobyl à l'Assemblée insulaire, et des responsables de l'étude réalisée par 25 scientifiques italiens dirigés par le Pr Paolo Cremonesi de l'hôpital Galliera de Gênes (Italie).

Les cancers de la thyroïde auraient augmenté de 28,29% chez les hommes

Selon ces experts, les cancers de la thyroïde ont augmenté de 28,29% chez les hommes, après le passage sur la Corse du nuage radioactif (pas de chiffre significatif chez les femmes) de la centrale nucléaire ukrainienne qui avait explosé le 26 avril 1986. Les thyroïdites (inflammations de la glande thyroïde) ont augmenté de 78,28% chez les hommes (55,33% chez les femmes) et «le risque de thyroïdites chez les moins de 18 ans a augmenté de 62,5%». «Cette étude, réalisée pour la première fois en France à l'initiative d'une région visait à dissiper le climat de polémiques et de confusion qui entourait, depuis 25 ans, les retombées sanitaires du nuage de Tchernobyl, résultant notamment des lacunes des enquêtes effectuées précédemment par les organismes d'Etat», a souligné Paul Giacobbi.

L'enquête a été effectuée sur la base de 14.000 dossiers médicaux archivés et réalisée par un groupe de médecins, épidémiologistes et statisticiens exploitant une base de données médicales suivant 16.000 patients.

Interpeller l'Etat

 Paul Giacobbi et la commission Tchernobyl de Corse souhaitent donc «interpeller à nouveau l'Etat (pour) que le débat se poursuive dans la communauté scientifique pour améliorer la prévention des risques». Ils souhaitent aussi «que le législateur prenne en compte les conséquences de tels accidents au niveau de la réparation des dommages individuels.» Mettant notamment en cause «le poids du lobby nucléaire», Paul Giacobbi présentera à l'Assemblée un projet de résolution sur la reconnaissance d'une présomption de lien de causalité entre l'exposition aux radiations et la maladie ou le décès.