Russie: Greenpeace demande l'intervention de Hollande

JUSTICE Les militants veulent que François Hollande «affirme publiquement que les activités de protestation non-violentes ne sauraient être considérées comme des actes de piraterie»...

avec AFP

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La justice russe a annoncé qu'elle se prononcerait mardi sur des recours contre l'incarcération de militants de Greenpeace, placés en détention pour deux mois et qui encourent 15 ans de prison pour "piraterie" après une action contre une plateforme pétrolière russe.
La justice russe a annoncé qu'elle se prononcerait mardi sur des recours contre l'incarcération de militants de Greenpeace, placés en détention pour deux mois et qui encourent 15 ans de prison pour "piraterie" après une action contre une plateforme pétrolière russe. — Thomas Samson AFP

Greenpeace appelle vendredi le président français François Hollande à «intervenir» en faveur de la libération de ses 30 militants inculpés pour «piraterie» en Russie après une opération contre une plateforme pétrolière dans l'Arctique.

Le directeur exécutif de Greenpeace France, Jean-François Julliard, a adressé dans la matinée un courrier à François Hollande «afin de lui demander solennellement d’intervenir en faveur de la libération des militants de Greenpeace détenus en Russie et notamment Francesco Pisanu, ressortissant français incarcéré à Mourmansk», écrit l'ONG dans un communiqué.

Greenpeace demande à François Hollande qu'il prenne contact avec l'ambassadeur de Russie en France, qu'il «exprime son inquiétude au président Poutine», et qu'il «affirme publiquement que les activités de protestation non-violentes ne sauraient être considérées comme des actes de piraterie».

15 ans de prison

«Il s'agit de la plus grave atteinte contre nos activités pacifiques depuis que les services secrets français ont coulé le Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande, en 1985», estime Jean-François Julliard.

Le bateau qui transportait 28 militants de Greenpeace ainsi qu'un caméraman et un photographe freelance, l'Artic Sunrise, a été arraisonné le 19 septembre en mer de Barents par un commando héliporté des garde-côtes russes.

Auparavant, plusieurs militants avaient tenté d'escalader une plateforme pétrolière du géant russe Gazprom pour dénoncer le risque qu'elle fait, selon eux, courir à l'environnement.

Ils ont été inculpés jeudi pour «piraterie en bande organisée», et risquent à ce titre jusqu'à 15 ans de prison.

Mobilisation le 5 octobre

A l'heure actuelle, seuls les Pays-Bas - l'Artic Sunrise battait pavillon néerlandais - ont pris position publiquement et demandé qu'ils soient relâchés.

Greenpeace a appelé à une vaste mobilisation le 5 octobre dans plus d'une quinzaine de villes en France et dans 45 pays dans le monde.

L'ONG de défense de l'environnement revendiquait vendredi à la mi-journée plus d'un million de messages envoyés aux ambassades de Russie dans le monde, via son site internet, pour exiger la libération des militants.