Russie: 14 militants de Greenpeace inculpés de «piraterie»

PLANETE L'association écologiste a aussitôt dénoncé une décision «destinée à intimider et à réduire au silence»...

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Le brise-glace de l'ONG Greenpeace, qui voulait dénoncer des explorations pétrolières de Gazprom, a été pris d'assaut par le FSB.
Le brise-glace de l'ONG Greenpeace, qui voulait dénoncer des explorations pétrolières de Gazprom, a été pris d'assaut par le FSB. — DENIS SINYAKOV / GREENPEACE / AFP

La justice russe a prononcé ce mercredi les premières inculpations pour «piraterie», un crime puni de 10 à 15 ans de prison, à l'encontre de quatorze des trente militants de Greenpeace arrêtés après une action contre une plateforme pétrolière dans l'Arctique.

L'association écologiste a aussitôt dénoncé une décision «destinée à intimider et à réduire au silence».

Quatre Britanniques, une Brésilienne, le Suédo-Américain d'origine russe Dmitri Litvinov, une Finlandaise, une Argentine, deux Néerlandais, un Polonais, deux Russes et un Ukrainien - ont été inculpés mercredi de «piraterie en bande organisée». Les inculpations doivent se poursuivre jeudi, selon une porte-parole de l'ONG.

«Aussi absurde qu'abominable»

Kumi Naidoo, directeur exécutif de Greenpeace International, a dénoncé des accusations qui représentent «une atteinte au principe même de la protestation pacifique». «Toute affirmation selon laquelle ces militants sont des pirates est aussi absurde qu'abominable», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a répété qu'il s'agissait de la «menace la plus grave» contre l'activité «pacifique» de l'association depuis l'épisode du Rainbow Warrior, coulé en 1985 dans le port d'Auckland (Nouvelle-Zélande) par les services secrets français, pendant qu'il faisait campagne contre les essais nucléaires réalisés en Polynésie, une opération qui avait fait un mort dans l'équipage. Amnesty International a appelé dans un communiqué la Russie à abandonner ses poursuites, estimant que cela «ridiculisait» le système judiciaire du pays.

Au niveau gouvernemental, seuls les Pays-Bas - le navire de Greenpeace, l'Arctic Sunrise, battait pavillon néerlandais - ont pour l'heure pris position publiquement et demandé qu'ils soient relâchés.

Les ambassades se concertent

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué mercredi lors d'un point presse à Paris que les ambassades des pays concernés «se concertaient» sur le sujet.

Un responsable de l'association, Ivan Blokov, a de son côté indiqué à l'agence de presse Ria-Novosti qu'elle pourrait se tourner vers la Cour européenne des droits de l'homme.

Les membres de l'équipage, quatre Russes et 26 ressortissants de 17 autres pays - dont six Britanniques, deux Canadiens, un Américain et un Français - ont été placés en détention à Mourmansk (nord-ouest) et dans sa région à la suite de l'arraisonnement le 19 septembre en mer de Barents (Arctique russe) de l'Arctic Sunrise par un commando héliporté des gardes-côtes russes.