Climat: Le Giec sort son rapport, censé être un «tremplin pour les politiques»

F.V. avec AFP

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Le changement climatique va "profondément bouleverser" l'avenir, et les risques qu'il comporte "réclament une action résolue", souligne le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son dernier rapport annuel diffusé jeudi.
Le changement climatique va "profondément bouleverser" l'avenir, et les risques qu'il comporte "réclament une action résolue", souligne le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) dans son dernier rapport annuel diffusé jeudi. — Hakon Mosvold Larsen AFP/Archives

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) présente ce vendredi des preuves encore plus précises de l'ampleur du réchauffement dans leur 5e rapport, censé guider les pays vers un grand accord international sur le climat en 2015. Avec ce nouvel état des lieux, qui va être publié en quatre temps d'ici l'automne 2014, les scientifiques vont «donner le coup d'envoi du processus» vers ce nouvel accord pour tenter de contenir le réchauffement sous le seuil de +2°C depuis l'époque préindustrielle, souligne Tim Gore, expert pour l'ONG Oxfam International.

Le Giec, co-lauréat du prix Nobel de la paix en 2007, présente vendredi matin le «résumé pour décideurs» du premier volet de son nouvel état des lieux, portant sur les aspects purement scientifiques. Deux volumes (sur les impacts possibles par secteur et par région et les moyens de les atténuer) suivront au printemps 2014 avant une synthèse en octobre 2014.

Autant de signaux d'alerte attendus pour relancer les négociations internationales sur le climat, toujours en quête d'un nouveau souffle depuis l'échec du sommet de Copenhague en 2009. Un nouvel accord global est désormais promis pour 2015 lors d'une conférence qui devrait avoir lieu à Paris.

+0,8°C depuis le début du 20e siècle

Pour ce 5e rapport, le Giec a procédé différemment: «les relations entre économistes et climatologues sont inversées», explique Libération. Jusqu’alors, les économistes élaboraient des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre, à partir desquels les climatologues faisaient des simulations de leur impact sur le climat. Cette fois, «ce sont les scientifiques qui ont pris la main. Ils ont réalisé des simulations en fonction de divers niveaux de stabilisation de la teneur en gaz à effet de serre et du climat. Sur cette base, ce sont les économistes qui devront élaborer les scénarios et étudier les contraintes qui permettent d’éviter tel ou tel niveau de perturbation du climat», explique le quotidien.

Les conclusions du Giec risquent de mettre en lumière le peu de marge dont disposent désormais les pays pour atteindre la cible des 2°C, alors que la planète s'est déjà réchauffée d'environ 0,8°C depuis le début du 20e siècle.

Reposant sur les contributions de 250 scientifiques et des études déjà publiées, le premier volume va s'inscrire dans la lignée des quatre rapports précédents. Il devrait confirmer la responsabilité de l'homme, revoir à la hausse la montée attendue du niveau de la mer et l'intensification de certains événements extrêmes (vagues de chaleur, fortes pluies) dans certaines régions, au vu d'une version provisoire du résumé transmise cet été aux délégués.

Ce rapport est «une entreprise massive de transformer des milliers de pages de données en un document pertinent pour les responsables politiques. Ensuite, ce sera aux gouvernements de l'utiliser comme tremplin», précise Vanessa Bulkacz, responsable de la communication pour l’ONG Climate Action Network Europe.