Plus de 20.000 Roumains dans la rue contre un projet minier canadien

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Plus de 20.000 Roumains manifestaient dimanche soir en Roumanie pour le 22e jour consécutif contre un projet de loi du gouvernement ouvrant la voie à l'exploitation en Transylvanie d'une mine d'or canadienne qui prévoit l'utilisation d'une grande quantité de cyanure.
Plus de 20.000 Roumains manifestaient dimanche soir en Roumanie pour le 22e jour consécutif contre un projet de loi du gouvernement ouvrant la voie à l'exploitation en Transylvanie d'une mine d'or canadienne qui prévoit l'utilisation d'une grande quantité de cyanure. — Daniel Mihailescu AFP

Plus de 20.000 Roumains manifestaient dimanche soir en Roumanie pour le 22e jour consécutif contre un projet de loi du gouvernement ouvrant la voie à l'exploitation en Transylvanie d'une mine d'or canadienne qui prévoit l'utilisation d'une grande quantité de cyanure.

A Bucarest, les 15.000 manifestants selon des médias roumains, ont bloqué le centre-ville et ont scandé : «la corporation ne doit pas faire la législation» et «Unis sauvons Rosia Montana», le village où la société canadienne Gabriel Resources prévoit d'extraire 300 tonnes d'or et 1.600 tonnes d'argent.

Certains brandissaient des drapeaux roumains et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Rendez nous le pays» ou «Nous nous sommes réveillés».

«Ce qui m'inquiète c'est qu'ils vont détruire la nature et le patrimoine, les galeries minières romaines. Mais nous continuons à faire de la résistance, trois semaines sont passées et nous sommes toujours là», a déclaré à l'AFP Nicoleta Bogza, une étudiante.

A travers le pays, 6.000 autres manifestants ont protesté dimanche, notamment à Cluj (nord-ouest), Timisoara (ouest) et Iasi (est).

Environ 12.000 tonnes de cyanure par an, soit 12 fois plus que la quantité de cyanure utilisée dans l'ensemble de l'Union européenne pour l'exploitation minière, seront nécessaires pour ce projet qui prévoit le déplacement de centaines de familles et la destruction partielle de quatre montagnes.

Le gouvernement de centre gauche de Victor Ponta, qui s'était engagé à bloquer le projet au cours de la campagne électorale, a suscité la colère d'une partie des Roumains en adoptant à la surprise générale fin août un projet de loi qui ouvre la voie à cette initiative et facilite les expropriations.

Depuis trois semaines, des dizaines de milliers de Roumains, dont une majorité de jeunes, sont descendus dans la rue pour dénoncer le projet de mine, organisant marches et flash-mobs. Comme dans d'autres pays des Balkans, ces manifestations d'une ampleur sans précédent depuis les années 1990 se sont transformées en protestation contre le gouvernement et la classe politique, accusés de corruption et de mépris pour l’intérêt public.

La semaine dernière, M. Ponta avait laissé entendre que ce projet serait enterré «rapidement». Il a changé d'avis par la suite et a accepté la mise en place d'une commission parlementaire spéciale sur ce projet et des débats au Parlement qui devraient durer jusqu'à la mi-novembre.

Dimanche, sept responsables religieux de Transylvanie, notamment des catholiques, et des luthériens, ont adressé une lettre au gouvernement lui demandant de retirer le projet de loi.

«Nous protestons contre la destruction de la nature, contre la négation du droit à la propriété, contre la destruction des valeurs culturelles», ont-ils écrit.

Gabriel Resources qui veut exploiter le gisement à travers sa filiale à 80% Rosia Montana Gold Corporation, l'Etat roumain détenant les 20% restants, affirme que les normes européennes d'environnement seront respectées et promet 900 emplois pendant les 16 ans d'exploitation.