«PlanetSolar» amarré pour cinq jours à Paris

SCIENCES Le plus grand vaisseau solaire du monde, qui vient de boucler son tour du globe, fait escale dans la capitale...

Mathieu Gruel

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Arrivée au port de Javel-Bas (quai Andre Citroen) du plus grand bateau solaire du monde, le MS Turanor Planet Solar, à Paris le 10 septembre 2013.
Arrivée au port de Javel-Bas (quai Andre Citroen) du plus grand bateau solaire du monde, le MS Turanor Planet Solar, à Paris le 10 septembre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Paris, terminus. Après avoir vogué pendant 156 jours, parcourant plus de 20.000 kilomètres entre la Ciotat -d'où il est parti le 8 avril- et Miami, New York, Londres... La campagne 2013 de PlanetSolar, la plus grosse batterie solaire mobile au monde, s'achève sur cette dernière escale parisienne.

Avec la fin de ce voyage, ce mardi en début d'après-midi, se termine «un périple enrichissant», expliquait Gérard d'Aboville, capitaine du bateau. Pour le navigateur, cette escale dans le 15e arrondissement parisien, où il est conseiller municipal, était même «un honneur».

512m2 de cellules photovoltaïques

Mais avant de rallier le quai André-Citroën, où le bateau restera amarré cinq jours, les derniers kilomètres n'ont pas forcément été les plus simples. Six passages d'écluses ont dû être négociés, certains «au centimètre prêt», confie Brieuc Delbot, le capitaine en second.

C'est qu'avec 25m de long pour 23m de large, le navire de 89 tonnes en impose. Sur le pont, les 512m2 de panneaux photovoltaïques, dont les 29.124 cellules ont permis au navire d'être autonome en énergie grâce au soleil, lui donnent même un look incroyable.

Car c’est bien là la spécificité de ce bateau. Entièrement non polluant, il a donc permis de réaliser des mesures physiques et biologiques inédites, dans le cadre de l’opération «PlanetSolar DeepWater». Cette campagne de mesures scientifiques, réalisée en collaboration avec l’université de Genève (Unige), avait débuté en Floride au mois de juin avant de s'achever en août à Londres, au terme d’une traversée de l’Atlantique en 22 jours: un record.

Navigation en zigzag

Reste maintenant à attendre les résultats, «qui devraient permettre de mieux comprendre les interactions entre océan et atmosphère. Et de cerner plus précisément le fonctionnement du gulf stream», explique le professeur Martin Beniston, qui a dirigé l'équipe de chercheurs.

Des scientifiques qui auront -ce n'est pas courant- imposé leur route aux marins. «Il aura parfois fallu naviguer en zigzag», reconnaît Gérard d'Aboville. Et «anticiper un peu plus, en prenant en compte le facteur soleil», explique Brieuc Delbot, plus habitué à composer avec le vent.

Au terme de ses cinq jours d’escale, le navire reprendra ensuite le large. Cap sur son lieu d’hivernage. En attendant, le public peut venir à sa rencontre. Et se sensibiliser aux enjeux climatiques.