L'Europe veut se débarrasser des espèces invasives

BIODIVERSITE Animaux et végétaux venus d'ailleurs peuvent représenter un danger pour la biodiversité locale et la santé humaine...

Audrey Chauvet

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De jeunes ragondins en Camargue.
De jeunes ragondins en Camargue. — WHITEWOLF/SIPA

Arbres, insectes, rongeurs envahissants, dehors! La Commission européenne a déclaré la guerre, ce lundi, aux espèces «envahissantes» non originaires d’Europe. Près de cinquante espèces, jugées nuisibles aussi bien aux écosystèmes locaux qu’à la santé des Européens, devraient être inscrites sur une liste noire avant d’être boutées hors de l’Union européenne.

Perruches, ragondins ou écrevisses

Si la Commissaire européenne à l’Environnement, Janez Potocnik, en veut autant à ces espèces invasives, c’est parce qu’elles menacent la biodiversité autochtone. Ainsi, plus de 12.000 espèces originaires du monde entier vivent en Europe, et parmi elles 15% d’espèces envahissantes qui pourraient causer le déclin d’autres plantes ou animaux locaux. Par exemple, l’écureuil gris qui peuple les parcs britanniques est en train de signer la fin de l’écureuil roux, alors qu’il a été importé des Etats-Unis au début du 20e siècle. En France, l’écrevisse américaine, débarquée au 19e siècle, est en train de tuer les petites écrevisses à pattes rouges.

Compétition pour la nature, pour les habitats, transmission de virus… Les espèces invasives pourraient aussi être un danger pour la santé publique: moustique-tigre et frelon asiatique font déjà des ravages dans le sud de la France. Mais il en va aussi d’un souci économique, notamment pour les agriculteurs: le ragondin, importé d’Amérique du Sud pour sa fourrure, dévore maintenant les champs de blé et de maïs. La Commission européenne va mettre en place des mécanismes de prévention pour que de nouveaux spécimens n’arrivent pas en Europe et un système de gestion pour les espèces déjà installées. Les perruches du bois de Vincennes en seront-elles les prochaines victimes?