Yasuni: Quito justifie l'exploitation au nom de la «lutte contre la pauvreté»

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L'Equateur a justifié mardi l'exploitation pétrolière de la réserve de Yasuni en Amazonie, contestée par des associations indigènes et des défenseurs de l'environnement, au nom de la "lutte contre la pauvreté".
L'Equateur a justifié mardi l'exploitation pétrolière de la réserve de Yasuni en Amazonie, contestée par des associations indigènes et des défenseurs de l'environnement, au nom de la "lutte contre la pauvreté". — Eduardo Santillán Trujillo Présidence équatorienne

L'Equateur a justifié mardi l'exploitation pétrolière de la réserve de Yasuni en Amazonie, contestée par des associations indigènes et des défenseurs de l'environnement, au nom de la «lutte contre la pauvreté».

«L'Equateur a besoin de garanties, pour aller plus vite dans son plan de lutte contre la pauvreté», a affirmé Patricio Rivera, responsable de la politique économique du gouvernement, assurant que le manque de liquidités constitue «le talon d'Achile» de l'économie.

L'exploitation de Yasuni est «quelque chose d'essentiel pour l'économie», a-t-il insisté, lors d'une audience devant le Congrès à Quito.

Plus petit membre de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), l'Equateur a vu son économie dollarisée en 2000 après une grave crise financière, ce qui rend le pays andin encore plus dépendant de l'entrée de devises.

Le président socialiste Rafael Correa avait annoncé en août son intention de se résoudre à exploiter le pétrole à Yasuni, qui concentre 20% des réserves nationales soit 920 millions de barils, suite à l'échec d'un appel de fonds international pour éviter cette extraction.

Selon les experts, l'Equateur ne disposerait de pétrole, sans les réserves de Yasuni, que pour les onze prochaines années. M. Correa avait même averti il y a quelques mois que l'économie risquait de s'effondrer si le pays ne trouvait pas d'autres gisements.

L'annonce de l'exploitation de la réserve amazonienne a suscité l'ire de plusieurs ONG de défense de l'environnement et d'associations indigènes, qui ont lancé une procédure visant à convoquer une consultation populaire sur cette question.

En cas de validation par la haute juridiction, les promoteurs de l'initiative devront s'assurer du soutient de 5% de l'électorat du pays pour qu'un référendum soit organisé. Aucun délai maximum n'est prévu par la loi pour réunir ces signatures.