Pourquoi les Français craquent autant sur les poules

Frédéric Brenon

— 

De plus en plus de familles achètent des poules pour les œufs et leur capacité à réduire les déchets, ici à Lyon en 2013.
De plus en plus de familles achètent des poules pour les œufs et leur capacité à réduire les déchets, ici à Lyon en 2013. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

La France entière va-t-elle succomber à la mode des poules ? Alors que de plus en plus de communes offrent ou subventionnent des gallinacées à leurs habitants, les ventes de poulaillers en kit font un carton en France. Jérôme Letourneau, gérant du site chemin-des-poulaillers.com, en écoule plus de 600 par mois. Et vient même d’ouvrir un magasin dédié près de Nantes. «J’ai des clients de toutes les régions : de Provence, du Nord, de Bretagne… Cela va du jeune couple qui s’installe en maison au retraité qui avait des poules dans sa jeunesse. Beaucoup vivent en ville ou en lotissement.»

Des œufs bio à domicile

Si la poule plaît autant, au point de devenir le quatrième animal domestique dans l’hexagone, c’est qu’elle cumule plusieurs avantages. Peu coûteuse à l’achat et en entretien, elle se nourrit de tous nos déchets alimentaires. Jusqu’à 200 kg par an. « Du jambon, du gâteau, des fruits, des légumes… Elle élimine tous les restes. Dans les communes où la taxe des ordures ménagères se paie au poids, c’est très appréciable. » Elle pond aussi en moyenne 200 à 300 œufs par an. « Ça suffit pour notre consommation familiale. Et ils sont bien meilleurs qu’en supermarché », assure Gisèle, qui possède une rousse et une naine Nègre de soie. La poule aurait aussi pour qualités d’éliminer les parasites du jardin, de faire fuir les serpents et d’être très appréciée des enfants.

Pas que des avantages

«La raison principale du succès, c’est la malbouffe et la crise économique, est convaincu Jérôme Letourneau. Les gens reviennent aux bases, comme le faisaient nos grands-parents. C’était plutôt une tendance bobo au départ, cela devient aujourd’hui un vrai phénomène populaire.»

Attention, toutefois, avoir son poulailler engendre aussi quelques contraintes. «Il faut nettoyer les fientes régulièrement, sinon ça sent. Les poules ont aussi tendance à faire du dégât dans les bacs à fleurs quand elles sortent. Et puis, il y a les renards : même sans habiter à la campagne, notre poulailler s’est déjà fait attaquer deux fois», raconte Gisèle. «Il leur faut de la terre pour picorer. Une cour ou une terrasse en béton n’est pas adaptée», ajoute Jérôme Letourneau. Enfin, les grincheux diront également qu’elles chantent après la ponte. Mais elles ne vous réveilleront pas le matin, contrairement au coq.