2048, l'année du dernier poisson ?

Clémence Lemaistre

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Deux membres d'équipage ont péri dans le naufrage d'un chalutier mardi matin au large du Cap d'Antifer (Manche), et un troisième est porté disparu, a-t-on appris mardi auprès de la Préfecture maritime de Cherbourg.
Deux membres d'équipage ont péri dans le naufrage d'un chalutier mardi matin au large du Cap d'Antifer (Manche), et un troisième est porté disparu, a-t-on appris mardi auprès de la Préfecture maritime de Cherbourg. — Marcel Mochet AFP/Archives

L' offensive en faveur de la défense de l’environnement s'accélère. Pour la seconde fois en une semaine, un rapport scientifique tire un signal d'alarme sur l'avenir de la planète. Des scientifiques américains et canadiens affirme que la pêche excessive et la pollution menacent la sécurité alimentaire de la planète.

Selon leur étude publiée dans la revue américaine Science datée du 3 novembre, la quasi-totalité des espèces de poissons et de crustacés pêchés pour la consommation auront en effet disparu des océans avant 2050. « Sans changement, la situation actuelle laisse présager de sérieuses menaces à la sécurité alimentaire mondiale, la qualité des eaux côtières et la stabilité de l’écosystème qui affecteront les générations actuelles et futures », s’alarment les scientifiques. Déjà, la morue de l’Atlantique nord a atteint le point de non-retour et est considérée comme quasiment éteinte.

Et la disparition des poissons s’accompagne d’un dérèglement de l’ensemble de l’écosystème des océans.

« La bonne nouvelle dans cette étude : c’est qu’il y a une solution », s’est félicité vendredi matin à Londres, Willie Mackenzie de Greenpeace. A savoir : la création de réserves marines protégées et la limitation de la pêche industrielle pour aider les populations de poissons à se reformer.

Encore faut-il convaincre les pêcheurs que le danger est imminent. «Nous ne croyons pas du tout à ce rapport », a ainsi réagi Chris Sparks, patron de James and Son, une entreprise de pêche britannique.

Un avis partagé par l'Organisation mondiale pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) qui juge ce scénario-catastrophe "improbable". Selon Serge Garcia, le directeur de la division halieutique (ressource de pêche), il "implique une conduite irresponsable de toutes les industries et des gouvernements pendant quatre décennies et il faudrait un incroyable niveau d'apathie de tous les citoyens du monde pour que cela survienne".

L’alerte des scientifiques intervient trois jours après la publication au Royaume-Uni d’un rapport sur le coût économique du réchauffement climatique, si rien n’est fait d’ici à dix ans, chiffré à plus de 5.500 milliards d’euros par Nicholas Stern, ancien chef économiste à la Banque mondiale.