Le protocole de Kyoto

Le Protocole de Kyoto, au coeur d'une deuxième conférence internationale de l'Onu (MOP2) à Nairobi du 6 au 17 novembre, est le principal accord de lutte contre le changement climatique

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Même si une fin immédiate était mise à la pollution, ajoute l'Observer, les gaz à effet de serre déjà dans l'atmosphère continueraient à provoquer un réchauffement du climat pendant encore une trentaine d'années avec le niveau des mers s'élevant encore pendant un siècle.
Même si une fin immédiate était mise à la pollution, ajoute l'Observer, les gaz à effet de serre déjà dans l'atmosphère continueraient à provoquer un réchauffement du climat pendant encore une trentaine d'années avec le niveau des mers s'élevant encore pendant un siècle. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Le Protocole de Kyoto, au coeur d'une deuxième conférence internationale de l'Onu (MOP2) à Nairobi du 6 au 17 novembre, est le principal accord de lutte contre le changement climatique.
Conclu en décembre 1997 et entré en vigueur en février 2005, le protocole impose des réductions d'émissions des six principales substances responsables du changement climatique: CO2 (dioxyde de carbone), CH4 (méthane), protoxyde d'azote (N20) et gaz fluorés (HFC, PFC, SF6).
La contrainte - ramener leurs émissions de la période 2008-2012 au niveau de l'année de référence 1990 - passe par un moindre recours aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), responsables de 75% des rejets réchauffant l'atmosphère.
Elle ne vise que 35 pays industriels et l'Union européenne (dits pays de l'Annexe I), qui représentent moins d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Les Etats-Unis (un tiers des émissions à eux seuls) et l'Australie, n'ayant pas ratifié le protocole, sont les seuls gros pays industrialisés à n'y être pas tenus. Pas plus que les pays émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, puissances économiques montantes exonérées comme l'ensemble des pays en développement.
Les réductions d'émissions de gaz à effet de serre sont différenciées: de -6% pour le Japon et le Canada, 0% pour la Russie, -8% pour les 15 de l'Union européenne en 1997.
Pour le Canada, l'objectif est déjà largement dépassé, l'UE est globalement en meilleure posture malgré un léger dérapage (- 0,9% en 2004).
Selon l'ONU, les émissions de CO2 des pays industrialisés (moins ceux de l'Europe central et orientale, en baisse de 37% en raison de l'effondrement de leurs économies) ont augmenté de 11% entre 2000 et 2004.
La Chine (deuxième pollueur mondial) et l'Inde, dont les émissions ont littéralement explosé entre 1990 et 2003 - respectivement de +65% et +75% selon l'AIE - devraient, ensemble, dépasser les Etats-Unis aux alentours de 2015.
L'urgence est donc pour l'avenir de convaincre ces économies émergentes d'accepter des contraintes de réduction, ce qu'elles ont refusé jusqu'alors en renvoyant la responsabilité du réchauffement climatique sur les pays industrialisés. Parallèlement, les Etats-Unis rejettent tout engagement contraignant tant que les économies du monde en développement n'y sont pas soumises.

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