Départ de Batho: un mauvais signe pour les ONG environnementales

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Le renvoi du gouvernement mardi de la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, pour avoir critiqué le budget 2014 en raison des coupes sévères que subissait son ministère, n'est pas une bonne nouvelle pour les ONG environnementales.
Le renvoi du gouvernement mardi de la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, pour avoir critiqué le budget 2014 en raison des coupes sévères que subissait son ministère, n'est pas une bonne nouvelle pour les ONG environnementales. — Jacques Demarthon AFP

Le renvoi du gouvernement mardi de la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, pour avoir critiqué le budget 2014 en raison des coupes sévères que subissait son ministère, n'est pas une bonne nouvelle pour les ONG environnementales, notamment à 15 jours de la fin du débat sur la transition énergique.

«Ce n'est pas un bon signal de virer encore la ministre de l'Ecologie», a déclaré à l'AFP le porte-parole de France Nature environnement (FNE), Benoît Hartmann.

Il faisait allusion au départ en juin 2012 de l'ancienne titulaire du poste, Nicole Bricq, un mois après sa nomination. Selon les ONG, elle avait payé ses positions défavorables à un permis pétrolier de Shell en Guyane.

«On ne peut pas dire que l'écologie est une priorité si on renvoie les ministres les uns après les autres», a ajouté M. Hartmann.

Du côté de la Fondation Nicolas Hulot, on estimait que «le gouvernement a décidément bien des difficultés avec l'écologie», selon son porte-parole Matthieu Orphelin.

«En quoi cela pourrait être positif à 15 jours de la fin du débat sur l'énergie et alors que des décisions importantes doivent être prises dans les jours à venir sur la fiscalité écologique?», a-t-il demandé.

Dans le secteur de l'énergie, plusieurs responsables, qui se sont confiés à l'AFP sous le couvert de l'anonymat, ont également craint que ce remplacement ne retarde des réformes importantes lancées par Mme Batho.

«Ma crainte c'est qu'on reparte à zéro. Avec ce départ en plein débat sur la transition énergétique, cela risque de faire perdre du temps sur des grands sujets», de la transition écologique à la lutte contre la précarité énergétique, a souligné un de ces responsables.

Selon Greenpeace, qui boycotte le débat sur la transition énergétique, «Delphine Batho n'est qu'une victime collatérale de l'absence totale d'ambition environnementale du gouvernement et du président de la République».

«Alors que les ministres les plus rétrogrades, opposés aux changements et à la transition écologique, s'expriment librement pour défendre les gaz de schiste ou l'énergie nucléaire sans être inquiétés, l'unique et première fois où Delphine Batho défend l'écologie à travers son budget, elle est contrainte au départ», dit l'ONG, faisant allusion au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Sur son successeur Philippe Martin, FNE émet un jugement très prudent, l'ONG ayant vivement critiqué le rapport qu'il avait remis début juin sur la gestion des ressources en eau.

«Il avait montré des points de vue essentiellement favorables à une vision du monde partagée par la FNSEA (syndicat majoritaire du monde agricole français, ndlr), plutôt que par les tenants de la protection de l'environnement», a déclaré Benoît Hartmann.