Bientôt une pénurie de saumon fumé?

ALIMENTATION Les prix du saumon ont flambé...

avec AFP

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Le saumon sauvage est « meilleur et moins cher que le saumon bio d'élevage ».
Le saumon sauvage est « meilleur et moins cher que le saumon bio d'élevage ». — M. LEE / REX / SIPA

La Norvège, l'Écosse et l'Irlande ne produisent pas assez de saumon pour alimenter la demande, résultat les prix ont augmenté de 70% en un peu plus d'un an, menaçant le niveau de production des fumeurs français, s'inquiète leur syndicat. «Production insuffisante en Norvège, pénurie en Écosse et en Irlande, production chilienne sans aucun impact sur l'approvisionnement des fumeurs français, sont les facteurs déterminants d'une offre déficitaire», explique le Syndicat national des Industries du Saumon et de la Truite fumés dans un communiqué publié jeudi.

Y aura-t-il du saumon à Noël?

Car la demande de saumon ne cesse d'augmenter, avec de nouveaux pays consommateurs comme en Europe de l'Est. Résultat: depuis l'automne les cours sont «structurellement élevés» et ils oscillent aujourd'hui autour de 6 euros le kg, contre 3,5 euros en février 2012, soit une hausse de 70%, déplore le syndicat qui regroupe 11 industriels dont Labeyrie. Comme le prix du poisson représente entre 50 et 75% du prix du saumon fumé, la hausse des cours a «des conséquences extrêmement graves sur les établissements français de fumage». «Après l'annonce début juin de la fermeture du site Marine Harvest de Poullaouen (Finistère), et de la défaillance de Marcel Baey la semaine dernière, le Syndicat vient de prendre connaissance du placement en procédure de redressement judiciaire de la Société Ledun Pêcheurs d'Islande (Seine-Maritime).»

Pour limiter la casse, ils demandent donc de pouvoir répercuter «en extrême urgence» ces hausses de coûts, «faute de quoi la question de la disponibilité du saumon fumé dans les linéaires pour les consommateurs français se pose dès maintenant et pour Noël», prévient le syndicat. Le fabricant de foie gras Delpeyrat, qui s'est lancé dans le saumon en mars dernier, a fait part cette semaine de son intérêt pour la reprise de tout site industriel de fumage disponible en France pour augmenter ses capacités de production.