Les crèmes solaires bio, meilleures pour la santé et l'environnement?

ÉTÉ ut-on faire confiance aux produits solaires «biologiques» pour se protéger des coups de soleil sans nuire aux écosystèmes...

Audrey Chauvet

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Certains produits solaires proposent des indices ajustables.
Certains produits solaires proposent des indices ajustables. — Storm/P.P.L. Image/Sipa

Les coraux et notre peau seraient-ils plus en sécurité avec les crèmes solaires bio? Accusées de favoriser le blanchissement du corail et de contenir des produits chimiques toxiques, les crèmes solaires traditionnelles ont de plus en plus de concurrence au rayon des cosmétiques biologiques. Mais peut-on réellement se tartiner bio en ayant bonne conscience?

Quelle est la différence avec une crème non bio?

Les crèmes labellisées bio par Ecocert ou Cosmebio doivent contenir au minimum 10% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique. Les ingrédients végétaux, comme les huiles essentielles, doivent être à 95% biologiques. Ce sont surtout les filtres anti UV qui diffèrent: dans les crèmes classiques, ce sont souvent des filtres de synthèse qui sont utilisés alors que les crèmes bio utilisent des filtres minéraux comme l’oxyde de titane ou de zinc. Enfin, les crèmes bio contiennent en général beaucoup moins de conservateurs, de colorants, de parfums de synthèse ou de parabens.

Est-ce meilleur pour la santé?

Oui, jusqu’à preuve du contraire. Contrairement aux filtres de synthèse, les filtres minéraux ne pénètrent pas dans la peau et présentent moins de risques pour la santé que les filtres chimiques. Sauf que pour éviter le peu esthétique film blanc que les premières crèmes bio laissaient sur la peau, les fabricants les ont petit à petit transformées en nanoparticules. Et là, le doute reste entier. Selon une étude de l’université de Lausanne, le dioxyde de titane sous forme de particules nanométriques a une activité inflammatoire sur les poumons et le péritoine et donc un possible effet cancérigène. Mais il n’existe aucune certitude pour l’instant : «Les s filtres de synthèse qui pénètrent la peau comme l’oxyde de benzène sont nocifs, rappelle Fabienne Leymonerie, co-fondatrice de la marque de cosmétiques et produits d’entretien bio H2O at Home. Les crèmes bio restent une meilleure alternative».

Est-ce que ça protège aussi bien?

Oui, les indices de protection étant contrôlés au même titre que les crèmes classiques. En revanche, il faut bien penser à se retartiner régulièrement et vérifier que les huiles essentielles utilisées ne sont pas photo-sensibilisantes (éviter les huiles essentielles d’agrumes en particulier).Les crèmes composées d’alcool peuvent aussi assécher la peau.

Et pour l’environnement, est-ce meilleur?

A priori, oui. Les filtres minéraux étant biodégradables, ils ne polluent pas les écosystèmes durant des années. Les mers du monde pourraient nous remercier de ne pas leur infliger des filtres UV dont elles se passent bien: «En moyenne,  25% de la substance de la crème est éliminée après 20 minutes passées en mer», chiffre Fabienne Leymonerie. Plus de 4.000 tonnes de résidus de crèmes solaires se déposeraient chaque année sur des massifs coralliens, victimes de blanchissement. Le plancton serait aussi perturbé par les composés chimiques des crèmes solaires.