Barack Obama prend des engagements historiques pour le climat

CLIMAT Le président américain a annoncé des mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, une grande première aux Etats-Unis...

Audrey Chauvet, avec AFP

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Barack Obama lors de son discours sur le climat, le 25 juin 2013.
Barack Obama lors de son discours sur le climat, le 25 juin 2013. — KEVIN DIETSCH/NEWSCOM/SIPA

Ce mardi, une lueur d’espoir pour le climat mondial est venue des Etats-Unis. Pour la première fois, un président américain a annoncé de grandes mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au pays des hummers et de l’American way of life. Alors que depuis des années les Etats-Unis étaient à la traine dans les négociations internationales sur le climat et refusaient d’entraver la croissance économique par des mesures de protection de l’environnement, Barack Obama a mis son pays sur la voie d’une croissance moins polluante.

«Les Américains, partout dans le pays, payent déjà le prix de l'inaction » contre le réchauffement, a martelé Barack Obama, soulignant que 2012 avait été l'année la plus chaude jamais enregistrée aux Etats-Unis. «La question est de savoir si nous aurons le courage d'agir avant qu'il ne soit trop tard et la manière dont nous répondrons aura un profond impact sur le monde que nous laisserons à nos enfants et nos petits-enfants», a-t-il ajouté. «En tant que président, en tant que père et en tant qu'Américain, je suis ici pour vous dire que nous devons agir».

Le «meilleur discours sur le climat jamais prononcé par un président» pour Al Gore

Selon la Maison Blanche, le plan d'action  présenté par Barack Obama devrait permettre aux Etats-Unis de réduire, d'ici à 2020, les émissions de gaz à effet de serre de 17% par rapport à leur niveau de 2005, en s’attaquant principalement aux émissions des centrales à charbon et en soutenant financièrement le développement des énergies propres. Pour l'ancien vice-président Al Gore, co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2007 pour son engagement dans la lutte contre le réchauffement grâce à son film Une vérité qui dérange, il s'agit «du meilleur discours sur le climat jamais prononcé par un président». «J'applaudis les nouvelles mesures annoncées par le président Obama pour aider à résoudre la crise climatique, surtout la décision de limiter la pollution carbonique de toutes les centrales électriques».

Le plan Obama a également reçu un accueil favorable en Europe. «Je me félicite naturellement de voir que les Etats-Unis avancent finalement sur le climat, a déclaré la commissaire européenne sur le climat, la danoise Connie Hedegaard. Ce sont des nouvelles encourageantes alors que l'Europe esquisse sa politique climatique et énergétique pour 2013». Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a lui salué «l'effort renouvelé du président Obama pour s'attaquer au changement climatique». Il a jugé que la vaste initiative annoncée par le président américain était «une avancée positive» et qu’avec ces annonces «nous allons aider le monde à croire qu'il est possible de lutter (contre le réchauffement climatique, ndlr), si nous le faisons ensemble».

Les groupes environnementalistes américains ont tous salué l'initiative de Barack Obama : «Avec cette stratégie nationale, le président Obama remet la question du climat à l'ordre du jour (...) alors que le réchauffement climatique affecte la société entière et exige une action étendue», a estimé Andrew Steer de l'ONG World Resources Institute.

Le pipeline Keystone mis sous cloche

Reste à savoir si les mesures annoncées seront réellement suivies d’effets. Pour Alden Meyer, responsable de la stratégie pour l'Union of Concerned Scientists, réglementer les émissions de carbone ne sera pas suffisant: «Nous aurons également besoin de donner un prix aux émissions carboniques qui reflétera les coûts grandissants du changement climatique et le Congrès devra alors agir», explique-t-il.

De leur côté, les producteurs américains d'électricité représentés par l'Edison Electric Institute (EEI) «veulent être sûrs que toutes nouvelles politiques ou réglementations pour réduire les émissions de CO2 des centrales au charbon prévoient des limites et un calendrier réalistes et minimisent les coûts pour les consommateurs». L'opposition républicaine a pour sa part accusé Barack Obama d'avoir «déclaré la guerre au charbon» en imposant des réglementations coûteuses et en fixant des objectifs environnementaux qu'elle juge irréalistes aux opérateurs des centrales électriques.

Le projet très controversé du pipeline Keystone a également été mis sous cloche par Barack Obama : le président ne donnera son feu vert à ce projet que s'il n'engendre pas une hausse des émissions de gaz carbonique. Une déclaration prudente que Greenpeace aimerait clarifier : «Sachant que l'oléoduc Keystone XL engendrerait une augmentation massive de la production des sables bitumineux et des émissions de gaz à effet de serre, il est clair que le Président Obama devrait refuser ce projet», a déclaré l'organisation écologiste dans un communiqué.