Barack Obama s’attaque au changement climatique

ENVIRONNEMENT Le président américain doit présenter ce mardi un vaste plan de lutte contre le réchauffement climatique, qui devrait aller au-delà de l’effet d’annonce...

Faustine Vincent

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Barack Obama à la Maison blanche le 15 avril 2013.
Barack Obama à la Maison blanche le 15 avril 2013. — Charles Dharapak/AP/SIPA

Après la crise économique, les révolutions arabes et le retrait d’Irak et d’Afghanistan, le changement climatique est revenu à l’agenda du président américain. Barack Obama doit annoncer ce mardi un vaste plan de lutte contre le réchauffement climatique, axé sur deux mesures phares: la réglementation des émissions de CO2 des centrales électriques au charbon existantes et futures, et la régulation du gaz HFC, une espèce de «super gaz à effet de serre» de plus en plus prisé, 24.000 fois plus puissant que le CO2 et utilisé notamment dans la climatisation.

Des mesures exécutives pour contourner le Congrès

L’Agence de protection de l'environnement (EPA) sera chargée de «travailler étroitement avec les Etats, l'industrie et les autres parties prenantes pour établir les normes de pollution au gaz carbonique pour les centrales au charbon existantes et les nouvelles centrales», a précisé un haut responsable de la Maison Blanche à l’AFP sous couvert d'anonymat. Un calendrier sera fixé pour que l’EPA propose ces normes d'ici juin 2014, pour être finalisées un an plus tard. «Ce dialogue entre l'EPA et les différents acteurs permettra au final d'élaborer des règles fondées sur le bon sens qui auront le soutien de l'industrie et permettront une transition (...) vers une économie basée sur de l'énergie propre», a ajouté ce responsable. Les Etats-Unis comptent 1.142 centrales au charbon et 3.967 centrales au gaz naturel, nettement moins polluantes qui produisent au total 68% de l'électricité américaine, contre 19% pour le nucléaire et 6,7% pour l'hydroélectricité.

Barack Obama s'était engagé en 2009 à réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 17% d'ici 2020. Mais le Congrès avait rejeté un ambitieux projet de loi sur l'énergie et le climat visant à atteindre cet objectif. Pour éviter tout nouveau veto, Obama a décidé de recourir à des mesures exécutives. L’avantage, c’est qu’elles ne nécessitent pas l’aval du Congrès. L’inconvénient, c’est qu’elles peuvent être remises en question par le prochain président.

«Un signal positif»

Le plan de Barack Obama, qui voudrait laisser son empreinte dans l’Histoire sur le dossier du changement climatique, est en tout cas «le signe que les Etats-Unis [l’un des plus grands pollueurs au monde] ont la volonté politique de débloquer les choses, relève Thomas Spencer, chercheur Climat et économie de l’énergie à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). C’est un pas en avant et un signal positif en vue des négociations internationales», en particulier avant la grande conférence de l’ONU, qui se tiendra en France en 2015 et doit accoucher du prochain grand accord international sur le changement climatique. 

«Ces mesures vont changer tout le système électrique américain en poussant le charbon [très polluant] vers la sortie, en incitant à utiliser des centrales plus propres et à investir dans les énergies renouvelables», ajoute Thomas Spencer. Quelque 8 milliards de dollars de prêts de garantie seront proposés à cet effet. La mise en œuvre du plan s’étalera sur des années. En espérant que ni le prochain président, ni le contexte économique morose ne le plombe avant.