Manger trop de saumon nuit-il à la santé?

ALIMENTATION Un avis des autorités norvégiennes a semé le doute sur les bienfaits du saumon...

Audrey Chauvet

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Une assiette de saumon.
Une assiette de saumon. — SIPA

Sushis, sashimis, tartare, papillote, brochette… Le saumon se décline sous toutes les formes dans nos assiettes, que nous remplissons consciencieusement d’oméga 3 et de vitamines comme nous l’ont conseillé  les nutritionnistes. Mais la semaine dernière, une déclaration des autorités norvégiennes, pourtant premier producteur de saumon d’élevage au monde, a fait l’effet d’une arête dans le poisson: les femmes enceintes et les enfants ne devraient pas consommer de saumon plus de deux fois par semaine.

Des polluants dans les filets roses

Ce ne sont pas les vertus nutritionnelles du saumon qui étaient en cause, mais la présence de polluants dans la chair du poisson: PCB et dioxines seraient bien cachés dans les filets roses. Pour Maria de Perlinghi, directrice France du Centre des produits de la mer de Norvège, la polémique est totalement infondée: «Les médias norvégiens ont mal interprété cette déclaration, explique-t-elle à 20 Minutes.  Les recommandations restent les mêmes, il faut juste penser à varier son alimentation lorsque l’on est enceinte.» Dans un communiqué rectificatif, le Centre des produits de la mer explique que la recommandation aux femmes enceintes a été faite «suite aux articles récents publiés dans les media norvégiens évoquant la présence de POP (polluants organiques persistants) dans le saumon d'élevage norvégien» et qu’elle  ne remet en aucun cas en cause les précédentes recommandations.

Un avis partagé par le Nifes (National Institute of Nutrition and Seafood Research), l'organisme norvégien de recherche en nutrition et produits de la mer, confirmant que les mesures de dioxines citées par les médias norvégiens remontent à 2006. «Depuis les taux de dioxine dans le saumon norvégien ont diminué de deux tiers, explique Ingvild Eide Graff, directrice des recherches au Nifes, interrogée par 20 Minutes. Cette diminution est liée à la substitution d’huiles végétales aux huiles animales dans l’alimentation des saumons.»

Attention aux poissons de rivière

Du côté des autorités sanitaires françaises, aucune mise en garde n’a suivi la polémique . L’Anses conseille toujours de consommer des poissons, en alternant poissons gras (saumon, maquereau, hareng, sardine…) et les autres poissons. Seuls les poissons de rivière, qui peuvent accumuler les PCB (anguille, carpe, silure…) doivent être évités par les femmes enceintes  et  les enfants de moins de trois ans.

Le problème serait plutôt la sous-consommation de poissons gras, estime Maria de Perlinghi: «La direction norvégienne de la santé précise que même en Norvège où on consomme 8kgs de saumon par personne et par an, ce n’est pas suffisant par rapport aux recommandations d’apports en oméga 3 et en vitamines B12.» Les Français, qui consomment en moyenne 2,5kgs de saumon par an et par personne, sont encore loin de l’overdose de poisson.